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Déguisé en juif marocain, Charles de Foucauld traverse le Maroc entre 1883-1884, accompagné de son guide-interprète Mardochée. Il entame son périple en regagnant clandestinement Tanger, qu’il quitte pour sa tournée « d’inspection-observation » doté d’instruments sophistiqués pour remplir sa mission, vers chefchaouen, Taza, Fès, Séfrou, Meknès, Kasbat Tadla, Demnat, Tisint, Draa, Agadir, Mogador, Taroudant, Mrimira, Tizi n’Telremt, Debdou, Oujda, Lalla Marnia.
Au terme de son "voyage" Charles de Foucauld, présentera un exposé détaillé à la savante Société de Géographie de Paris, son rapport fera autorité dans le milieu des « Explorateurs-Missionnaires » et aussi auprès du Général Lyautey qui lui rendit visite au Hoggar pour recueillir ses « conseils » sur les techniques d’approche des « autochtones » !
C’est lui qui écrira un jour : « Je pense tant au Maroc (sic), depuis quelque temps, à ce Maroc ou dix millions d’habitants n’ont ni prêtre, ni un autel ; ou la nuit de Noel se passera sans messe et sans prière ! » comme quoi ce père avait des prétentions clairement déclarées de conquête…
Dans sa tournée, il avait un carnet de « contacts » de protégés, parmi lesquels un certain Driss fils d’un « marabout ».
Extrait des pages 64-65 du livre de René Bazin de l’Académie Française « Charles de Foucauld, explorateur du Maroc Ermite au Sahara ».
Onze ans plus tard, Charles de Foucauld, devenu prêtre et voyageant dans le Sahara, devait recevoir, à « sa grande surprise », une lettre dans laquelle notre lascar lui demande de ses nouvelles « Dernièrement, j’ai demandé sur vous M. le consul de France d’ici. Il m’a dit que vous vous trouvé à Jérusalem … » Plus loin il rajoute à l’attention du prêtre « Veuillez avoir la bonté d’écrire à M. l’ambassadeur de France à Tanger, pour lui montrer mon travail et mes efforts avec vous pendant votre séjours ici. Pour que M. l’ambassadeur écrive à M. le consul de France, pour qu’il lui montre ma fidélité avec vous… »
Votre serviteur dévoué pour toujours,
Haj Driss…
N.B : A la suite de ce périple, le Maroc connaitra à partir de 1895, juste après le décès du Sultan Moulay Hassan Ier, une véritable ruée de ces individus déguisés en lépreux, qui avaient pour mission de sillonner le pays. En raison du risque de « contamination », les habitants des douars ne pouvaient pas les approcher, c’est ce qui leur permettait de remplir tranquillement leur mission d’observations…
Au début du siècle, ces prétendus « lépreux » disparurent comme par enchantement, pour laisser place aux professionnels de la conquête-pacification.
Rédigé par : Abdellah Naguib | 24 septembre 2008 à 20:14