L’idée de rendre hommage à la petite élite locale de Berrechid m’a été proposée, il y a quelques mois, par mon ami Ould Lquissariat. Je lui signifie mes remerciements, ainsi qu'à MM. Haj Lahcen Kamili Abdenbi, alias ould Echelha et Haj Amor Mounir, alias ould Eddoukali, à qui je dois l'essentiel des données sur les personnes victimes des répressions et représailles des autorités locales durant cette période sombre qu’a vécu notre ville, où le pacha fut puissant.
La photo ci-dessous, où figurent ces deux chères personnes, rassemble les grandes figures de la génération montante qui s’était mobilisée, au service du bien commun, dans le contexte politique marqué par la proclamation de l’état d’exception en 1965. Y figurent également, des originaires de Berrechid qui étaient devenus des cadres supérieurs, ingénieurs, pilotes, colonels de l’armée, internationaux du football, et qui se donnaient entre eux des pseudo d'enfance assez bizarres.
Dans une petite ville, comme Berrechid, notre élite, fortement politisée, jouissait de fortes attaches familiales et professionnelles avec la population de Casablanca. Elle était, sans s’agiter, influençable par les grands courants d’opinion qui traversaient cette grande ville. Les sections locales des partis politiques étaient personnifiées par : Omar Bouaoud de l’Istiqlal, Saad Allah Salah de l’UNFP, Mohamed Bouchaib du M.P et Chtioui Abdesslam du F.D.I.C. Les principaux fiefs des syndicats satellites de l’Istiqlal et de l’UNFP furent l’hôpital neuro-psychiatrique, les établissements scolaires, les moulins de Berrechid et la petite corporation des propriétaires des taxis. L’encadrement syndical, au sein des dits secteurs, revenait à : Bouchaib Khadra, Ali El Idrissi Kadioui, Hicham Amor Ben Charki, du coté de l’U.M.T ; Abdelkader Bekri, Mustapha ould Baba, du coté de l’U.G.T.M.
En 1963, des élections locales furent organisées au pays, juste quelque temps avant l’arrestation des dirigeants nationaux de l’Istiqlal et de l’U.N.F.P. Les deux formations ne pouvaient que boycotter les consultations et l’administration en profita pour mettre en place un conseil municipal préfabriqué. Des militants, de bonne réputation, furent contraints, par le bâton et la carotte, de rejoindre l’administration et à jouer la marionnette dans le conseil de carnaval. Ce fut le cas de sieurs: Mouahidi Bouchaib; Lahcen Aboulakoul; Abdelkader Kadiri; Lakhdar Bouchaib, (du P.I) Mohamed Hattab Khalifa; Houari Abdesslam (de l'U.N.F.P).
Lors de la séance consacrée à la constitution du bureau du conseil municipal, deux prétendants s’étaient disputé la présidence du conseil. En face de la candidature de Bouchaib Mouahidi, ex président du conseil municipal à majorité Istiqlalienne, vint se présenter Bouchaib Naji Hamida, qui était un fonctionnaire au service de l’autorité locale. Le résultat du scrutin avait favorisé Naji Bouchaib Hamida avec l’obtention de douze voix, tandis que son rival s’était contenté du vote sur soi. Par ailleurs, un électeur avait déposé une enveloppe vide alors que feu Mohamed Maaroufi, qui de son vivant m’avait communiqué ce petit détail, fut déclaré absent en raison de son déplacement au Liban, en compagnie d’une délégation du M.P.
La composition du conseil municipal, tel qu’il était cuisiné par l’autorité locale, se présentait comme suit :
- Président : Bouchaib Naji Hamida, fonctionnaire de l’autorité
- 1° vice président : Mohamed Hattab Khalifa, directeur S.C.A.M
- 2° vice président : Abdelkader Kadiri El Madani, commerçant.
- Conseillers: Mounir Amor; Abdelkader Zouahri; Mouahidi Bouchaib; Lahcen Aboulakoul ( infirmiers); Mohamed Maaroufi; Mohamed Ben Sghir (enseignants); Mohamed Ben Sbaia; Amane Houcine ; Fahmi Larbi; Houari Abdessalam (commerçants); Lakhdar Bouchaib (employé T.P); El Yazid Mohamed Saghir (employé SAMIR de Mohamadia).
Suite à l’éviction de Naji Bouchaib, le premier vice-président Mohamed Hattab Khalifa fut porté à la tête du conseil municipal. La droiture, manifestée par ce dernier sur le plan de la gestion des fonds publics, avait attiré contre lui l’hostilité de l’autorité locale. Son intérimaire, Abdelkader Kadiri, et le régisseur Bouazza, exploitèrent la faiblesse du comptable Boulouiz à son encontre et c’est ainsi que Boulouiz fut poussé à proférer des insultes et des menaces à l’égard du Président du Conseil, qu’il alla même jusqu’à frapper d’un coup de tête. Bien qu’il était d’une compétence incontestée sur le plan professionnel, Boulouiz avait en effet une conduite regrettable dans la rue.
S’agissant de l’élite marginalisée par le pouvoir local, celle-ci ne cessait de critiquer discrètement l’expansion des bidonvilles d’un centre malsain où les égouts étaient bloqués et les chaussées détériorées par le ruissèlement continuel des eaux usées et des eaux de pluie. A l’H.N.P, particulièrement, certains activistes avaient subi des mesures de sanctions prises à leur encontre par la direction de l’établissement. L’éloignement des meneurs, en dehors de leur bercail, était plus que nécessaire pour s’assurer le maintien du calme en ville. Parmi les indociles, affiliés à l’U.M.T, il y avait : les frères Kamal (mutés à El Jadida) ; Boulaakoul (muté à Foucauld) ; Bouchaib Khadra (S,G de l’U.M.T) ; Smaali Bouchaib Jaouik ; Said Benderra ; si Youssfi ; si Mohamed Ben Allal alias Bourdili ; Mohamed Rihani ; Haj Driss Bouabid ; si Lahcen Khalid ; si Farés (père de nos amis Aziz et Khadija) ; si Azam Tahar; si Belkhaouda, etc.
Leurs dauphins, du deuxième contingent qui avait pris l’avant-garde militante, furent éloignés avec douceur et promesses alléchantes mais trompeuses pour des postes à responsabilité, notamment à Tit melil. Ce fut le cas de : si Mohamed Bouabid ; si Abderrahmane frère de maître Chanane ; si Mohamed Ben Abdellah ; si Mohamed Ftita; si Taybi Bahmane ; si Abdellah Mzouti, etc. D'autres activistes comme si Lahcen Kamili, feu si Mohamed El Hail, Haj Belkacem, furent sauvés par leur admission au concours de promotion d’économes et stages de formation à Casablanca.
Le mandat des membres du conseil municipal avait expiré en 1969. Sous le règne de l’état d’exception, qui avait autorisé la fermeture du parlement et l’ouverture des prisons pour les délits d’opinion, l’autorité locale fut appelée à usiner un nouveau conseil municipal. Cinq anciens élus furent maintenus avec à leur tête, le président Abdesslam Barchid. Les dix membres écartés s’appelaient : Mohamed Hattab Khalifa ; Zouihri Abdelkader ; Naji Bouchaib Hamida ; Maaroufi Mohamed ; Mouahidi Bouchaib ; Ben Sbaia Mohamed ; Kadiri Abdelkader Ben Madani ; Fahmi Larbi ; Ben Esghir Mohamed ; Mounir Amor. Ils furent remplacés, respectivement, par : Abdesslam Barchid ; Haj Driss Ben Echaib ; Bamouss Haj Brahim ; Salah Ben Basri ; Tadili Mhamed ; Harizi Mohamed ; Moulay Ghiate Abdelkebir ; Joually Ahmed ; Houssaini Mustapha ; Ahmed El Kabli.
L'artisan du conseil municipal de 1963, qui correspond au règne du ministre de l'intérieur Reda Guedira, fut le Pacha Moulay Tahar. La fabrication du conseil municipal en 1969, sous le ministère du Général Oufkir, revint au chef de Cercle Ali Zelmate. Le secrétaire des conseils successifs fut feu si Mohamed Belarbi Ibrahimi, khlifa décédé, dont le frère si Ahmed figure sur la photo scolaire, en haut, avec le président du Conseil Naji Bouchaib Hamida et le rapporteur Omar Mounir. Un jour, j'ai demandé au Khalifa de m'éclairer sur l'histoire de mon village. Comme s'il ne se rappelait de rien, il ne m'avait parlé que de l'amitié qui le liait à mon oncle, décédé en 1961, et de ses déplacements inoubliables à mon douar, ouled Said M'hamed, pour goûter de la saveur de de ces zroudes de Lahbacha et de leur ambiance de gaîté, jamais vécue depuis.
Rédigé le 3 août 2007 avant la disparition de feu ould Lquissariat, que Dieu ait son âme, le 7 du même mois.
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Note du ouèbe-maistre : Nous adressons nos remerciements à Haj Kamili pour les photos.





































bonjour,
je suis la nièce directe de Begar Mohamed ( ex gardien des buts du wac) et la nièce indirecte de Tria Said Abid (colonel) que la paix soit sur leur âmes... je remercie infiniment Mr Tahir Jilali pour cette belle et l'unique photo!!! même si je n'arrive pas à reconnaitre le visage de mes 2 oncles ... encore une foi merci.
Sanaa Begar
Rédigé par : sanaa begar | 23 septembre 2009 à 01:29