La population d’ouled Hriz, cette importante tribu hilalienne amenée par Yacoub El Mansour à Tamassna et que Léon l’Africain a retrouvée au sud de Cap Cantin, appelé aujourd’hui Ras Badouza, s’approprie les terres les plus fertiles et les mieux cultivées de la Chaouia. Elle possède un grand troupeau de bœufs et de moutons et un grand nombre de chevaux. Les gens aisés prennent les mules pour se déplacer au souk. Les moins fortunés utilisent l’âne comme monture et bête de somme. Un nombre incalculable de soukiers marche, les pieds nus, dans la boue gluante de l'hiver et la poussiére de l'été.
L’espace réservé au souk n’est pas clôturé, on peut y accéder de toutes les côtés. La vente des bestiaux se fait aux enchères par l’intermédiaire des dellals. Ces derniers crient un prix, que l’on fait monter si l’animal intéresse plusieurs acheteurs. La force publique est représentée par le caïd, mais la taxe percue au marché est adjugée à un fermier d’origine hrizi. Elle est fixée, pour les grands cas, à 5% du prix de vente, payé moitié par le vendeur et moitié par l’acheteur. Le souk des bestiaux est composé de plusieurs rayons.
D’abord il y a la place des chevaux, gérée par une dizaine de cavaliers, crieurs publics, dont les jambes sont vêtues d’une sorte de bas de cuir. Ces derniers mènent les chevaux en course dans un champ poussiéreux. Après sept ou huit épreuves de fantasia, ils passent à la vente aux enchères.
Un peu plus loin, se tient la place des mules et des kiddar, chevaux de charge qui se trouvent dans cette situation de tamara parce que malheureusement souffrant de malformations ou étant âgés. Là, d’autres dellals montent les animaux à poil, en fil indienne, les exposent au public dans une promenade circulaire, tâtent les croupes, visitent les bouches, pincent les jarrets avant de lancer les enchères.
Dans une autre place, se fait la vente de l’âne qui enregistre le plus grand nombre de transactions. Ici, nul besoin de selle ou de mors, le dellal qui bondit sur la croupe du bouricot lui donne deux coups de ses talons nus, le détache du groupe et le guide au scourtah et thankiz, n’importe où, au trot rapide.
Le système de la criée est employé également pour la vente des chameaux, bœufs, vaches, peaux de tous les animaux; huile en gros, beurre en gros, henné en gros, fruits secs et fruits frais, laine, draps, étoffes, tapis, vêtements. La taxe de marché est fixée à 5 % du prix de la vente. Le système de poids et mesures usité pour la revente en détail est très originel ; de vieilles clefs, des cadenas rouillées, des morceaux de fonte, des cailloux servent à peser les marchandises.
La taxe sur les autres produits est fixée à l’unité ou au poids, comme suit : 2 gourch par charge de chameau pour le bois ; 1 gourch par charge d’âne pour le charbon ; 5 gourch par charge de chameau ou de mulet pour le blé, les pois chiches et fèves ; 3 gourch par charge de chameau et un gourch par charge d’âne pour l’orge et le mais ; 1 gourch pour la vente d’un mouton ou d’une chèvre ; 2 gourch par charge de chameau et 1 gourch par charge d’âne pour les légumes et sel en gros.
Les denrées et les marchandises exposées en vente au souk et tout gaitoune occupé par un cafetier, barbier, forgeron, cordonnier, potier paie 2 gourch. Les vendeurs de miel et les boulangers paient un gourch par table. Les guerabes et les vendeurs en détails paient un gourch par marché.
Le transport des marchandises, à destination du souk, se fait à dos d’âne, de mulet et de chameau. La charge d’un chameau peut être estimé à 200 kg. Son prix varie en raison de la saison, la sécurité et l’affluence des marchandises. En hiver, les risques sont beaucoup plus grands. Le terrain est glissant, un chameau qui tombe et se casse la jambe est perdu.
Enfin, tout se vend, tout s’achète et tout se guérit au souk, depuis la vente des produits importés, tels que les bougies; les allumettes, le thé, le sucre, les épices, jusqu’aux produits de sol de la consommation locale et les produits de la baraka qui chassent les démons, comme le sel gemme, le goudron al gatrane, le harmel, le romarin el yazir; le sel amoniaque el fassoukh, le bois d’aloes el oud lakmari, l’acide citrique hssanabane, le benjoin jawi, etc.
Parfois, la rumeur colporte une mauvaise nouvelle et la panique s'établit. Le souk se casse et les gens disent que Nadate Al Kassra Fi Souk. Effrayés, les commerçants défont leurs guitounes ; les honnêtes gens se sauvent dans tous les sens ; alors que d’autres profitent du désarroi et se livrent au pillage. J'ouvre mon vieux bouquin Politique de Montesquieu et reproduis, au risque porter préjudice à son karam de hilalien, démontré dans les festivals, entre produits en plastique et fantasia : "l’hospitalité, très rare dans les pays du commerce, se trouve admirablement parmi les peuples brigands".
Outre l’importance stratégique du souk pour les échanges, on y agite les questions politiques et d’intérêt général. Le souk demeure, à cet égard, le lieu où les informations sont échangées, les ordres du makhzen sont annoncés et que se forme l’opinion publique. C’est là que le Cadi Hadj Salah et ses adoules font la justice et que les contacts sont pris pour arranger les mariages. On y discute des conflits en cours entre individus, familles et groupes et on y prend les décisions graves, quand elles s'imposent. C'est bien là que la tribu a décidé d'attaquer les ouvriers francais au port de Casablanca, pour s'opposer à la construction du chemin de fer traversant un cimetiére de musulmans.
Avant que la concentration commerciale, de type américain, ne déclenche le processus de la mort lente des souks traditionnels, Edmond Douté est passé par Souk Tlat sidi Bennour, et nous a brossé cette brillante description : "Le marché dans la vie arabe, est un élément de la plus haute importance: on peut dire que l’histoire de la tribu se déroule presque toute entière sur son marché. Il est, pour les indigènes, le seul lieu de réunion : non seulement c’est là que, par la vente des produits, ils pourvoient à leur subsistance quotidienne, mais c’est encore là qu’ils échangent leurs idées, apprennent les nouvelles politiques, reçoivent les communications de l’autorité, concertent leur attitude vis-à-vis d’elle,décident de la paix ou de la guerre: là encore s’ourdissent toutes les intrigues, se plaident toutes les affaires,là se se prennent toutes les résolutions généreuses et là se complotent tous les crimes. Le marché est la plus grande et presque la seule distraction de l’indigène: son retour hebdomadaire est attendu avec impatience et ce jour – là il ne reste plus quelque fois au douar que les femmes et les enfants: c’est le jour béni des coureurs d’aventures galantes".
Note du ouèbe-maistre : Merci à Si Tahir Jillali pour ce texte subtil et fouillé, ainsi que pour les photos.





































Bonjour tout le monde;
Je suis à la rechreche de deux copines d'enfance: Maria Houssni et Khadija charii. Ce sont des copines de classe du primaire à l'école Zaynab Nafzaouia ou Moulay Issmail.Elles habitaient quartier "Biarane Zarane" vers le souk de lundi.
Je suis née en 1980, et je suis de Berrechid.J'ai toujours cherché d'avoir de leurs nouvelles mais sans succés.
Merci de votre aide.
Nawal-kh@hotmail.fr
Rédigé par : nawal | 15 mai 2009 à 01:15
Le Lotissement de Berrechid, tel est le titre d'une insertion au B.O, sous forme d'une information qui ne concerne que la population étrangère:
""Le 31 juillet (1913) dernier, une commission présidée par le Controleur civil de Berrechid et composée du controleur-adjoint, d'un médecin militaire et d'un délégué du service des Domaines, a procédé, à Berrechid, avec l'assistance de deux notaires de la région et du caïd des Ouled Hriz, au tirage au sort des parcelles du lotissement destiné à la création d'un village européen à Berrechid. Un tirage au sort a eu lieu en présence des acquéreurs.
Le lotissement comprenait 100 lots d'une contenance uniforme de 400 mètres carrés, qui ont été tous vendus au prix de 0 fr. 50 le mètre, soit 200 francs. Chaque colon n'a pu acquérir plus de deux lots. Les acquéreurs se répartissent ainsi, par nationalités:
Français 97
Espagnols 2
Italiens 1
Total 100
Le nouveau centre de Berrechid, placé au milieu du territoire, particulièrement fertile des Ouled Hriz, est appelé à se développer rapidement.""
Rédigé par : Abdellah Naguib | 02 juin 2009 à 23:37
Pour accéder au site du B.O, qui traduit à travers les textes l'histoire de notre pays:
www.sgg.gov.ma
Rédigé par : Abdellah Naguib | 03 juin 2009 à 00:37
je voudrais seulement tant que hrizi avoir juste des renssegnements sur le nom de ma famille FEKKAK et merci
Rédigé par : fekkal amine | 09 juin 2009 à 20:34
bonjour je ss un hrizi je souhate trouver des fekkak hrizi merci
Rédigé par : fekkal amine | 22 juin 2009 à 18:42
Bonjour M. JILLALI, C'est Taha Bouanane, le fils de Driss Bouanane dont vous avez fait un commentaire posté il y a plus d'un an le 19 février 2008. Je voulais vous remercier pour vos recherches et surtout même lontemps aprés mon questionnement vous avez tenu à me répondre et vous en suis trés reconaissant. Je serais au Maroc trés prochainement, peux-t on se rencontrer svp ? Vous pouvez me joindre sur cet émail : bouanane.t@wanadoo.fr. Comme beaucoup de Marocain, j'aimerais vraiment vous remercier de vives voix pour vos recherches et l'intérêt porter à ma demande. Bien cordialement M. TAHIR jillali.
Rédigé par : Taha Bouanane | 06 août 2009 à 01:46
slt cousin et cousine de wled hriz
Moi je souhaite vivement connaite l'histoire de mon ancetre grand pere sidi mohamed ben bouabid.
et merci pour vos info.
Rédigé par : khaled yassine | 17 décembre 2009 à 02:09
Moi aussi je suis hrizi. et j'en suis tres fier de mes origines. je suis du cote de la famille BENSALMIA de berrechid. ainsi que la famille WARIT. Salut a tout les hrizis du monde.
Rédigé par : warit mohamed ali | 18 décembre 2009 à 13:08
Salam,
Moi aussi hrizi et je voudrais bien avoir des renssegnements sur le nom de ma famille. le nom de mon grand-pere est Ahmed ben bousselham ben fekkak.
merci
Rédigé par : Adil Fekkak | 15 janvier 2010 à 05:27
Que le dynamisme des hrizi rime avec la sérénité.
Je suis une hrizia née en 1951 et mon père est de la famille de Al3arbi Bou3nane "Allah yarhamou".
Un Salam à tous les hrizi du monde;et que la modestie soit toujours le support de nos forces et faiblesses.
Rédigé par : Sou3ad | 14 février 2010 à 01:02