Le Centenaire du débarquement franco-espagnol à Casablanca en 1907
Les dernières batailles autour de Casablanca, prendront fin par l'occupation de la Kasbat de Médiouna le 1er janvier 1908.
Pour les soldats du contingent français, il fallait franchir la côte de Merchich sans encombre. Ils déclenchèrent donc les hostilités le 31 décembre. En face d'eux, il y avait des résistants, qui se sont tout particulièrement préparés pour cette bataille : les Marocains feront preuve d'un acharnement au combat qui impressionnera fortement leurs adversaires.
Pour commémorer cette bataille, c'est en présence des hautes autorités du protectorat qu'on inaugura en grande pompe, dans les années vingt, une stèle (1) commémorative en souvenir des soldats coloniaux tombés lors de cette bataille que livrèrent avec panache les enfants de la Chaouia.
L'occupation de la Kasbat n'était plus qu'une question d'heure, le pilonnage intensif et discontinu des canon de 75 provoqua la destruction partielle de ce véritable joyaux architectural qu'était la Kasbat historique des Médiouna.
Le général Lyautey, en compagnie du ministre Regnault, chargé de la Légation de France à Tanger débarque au port de Casablanca, pour remplir une mission d'inspection : il dressera un rapport accablant préconisant d'écarter le général Drude et le remplacer par le général d'Amade "l'homme à poigne", qui "matera" les Chaouia.
Le parti colonial finira par avoir gain de cause : la délicate mission de pacification de la Chaouia est désormais lancée !
Interrogé par Bourdon en août 1907 à propos de ces nouveaux adversaires, le général Drude répondit "C'est étrange ! Ils ont une capacité de mobilisation et une tactique, qu'un de nos professeurs ne cessait de nous répéter à l'École de guerre : "Il faut neutraliser l'adversaire pour mieux le maîtriser..." Oui, les Marocains qui n'ont jamais fait l'Ecole de guerre sont parfaitement à l'aise devant nos hommes !"
C'est lui qui déclara au journal La Dépêche Marocaine : "Les Marocains se déplacent dans un ordre parfait, la précision de leurs tirs est remarquable. De plus ils n'ont pas hésité à me cibler ! Trois balles sont tombées à mes pieds lors d'un combat. Leur technique consiste à envoyer des cavaliers pour enrober nos lignes et couvrir le terrain d'un nuage poussiéreux, que dégagent leurs montures, pour laisser des fantassins en embuscade."
En effet, cette technique d'enrobement est une pratique connue des Chaouia. Les Portugais, pour l'avoir subie, connaissent parfaitement son efficacité.
Les Chaouia harcelaient la place d'Anfa qu'occupaient les portugais, par la tactique connue sous le nom de Torna Fuye ; ils se présentaient en petit nombre, et s'arrangeaient pour se faire poursuivre par les Portugais jusqu'à un endroit où était embusquée une troupe importante qui s'élançait contre ceux-ci à l'improviste ; on donnait le nom de recontro à cette réserve embusquée.
La technique de combat adoptée par les Chaouia en 1907 est connue dans l'Espagne du XIV° s. Les soldats marocains du corps d'armée de Grenade adoptaient la Torna Fuye pour amorcer les engagements militaires. Cette technique dite aussi Zenatia est connue chez les Espagnols et vient de Jinet=Zenate (Cavalier) : elle consiste à envoyer un léger corps de cavaliers qui s'approchent des rangs ennemis à toute vitesse, tout en tournant avec dextérité sur leurs montures, tirant hardiment sur des cibles de commandement pour susciter la réaction de l'adversaire.
Attaque, repli, réattaque, repli, etc. Ce sont les exercices et pratiques de maîtrise de la monture et de panache, auxquels nous assistons lors des moussems des Zenata à Mohammedia et de Bouskoura.
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(1) Cette stèle ce trouve en bordure de l'ancienne route de Marrakech, à quelques km de Médiouna. Elevée symboliquement à la mémoire d'un soldat (spahi) algérien nommé Ben Djelloul, tombé le 1 janvier 1908.
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Note du ouèbe-maistre : Merci à Monsieur José Maria Morido pour les images anciennes et à Si Naguib Abdellah pour la photo (1980) du monument élévé en souvenir de la bataille de Merchich, qui semble être actuellement en mauvais état.






































salam
Pourquoi certains classe les Zaers font partie des ouled bou rezgan et quel etait leur lien avec les tribus de al region des Smaala et Beni khirane, on sait que Abidat Rma est present dans ces deux regions, que la aita zaeriya et khroubguiya sont proche
merci pour ton savoir
Rédigé par : jamal | 20 juin 2008 à 18:50
Malheureusement LOUBIGNAC qui a étudié cette région, ses conclusions étaient erronées. Voici les points dans lesquels la critique sur sa méthode d’étude ; le manque des critères scientifiques nécessaires et l’ignorance de l’histoire de la région et les les études / archives hstorique sur cette région:
1) Les archives grecques sur Zaer de Ptolemy
2) le périple de Hannon ; l’implantation phénicienne dans la région et les influences de la langue phénicienne qui est une des langues sémitiques (préparé la voie de l'arabe en Afrique du Nord): similaire à la pénétration de la langue arabe dans les zones côtières du Liban et la Syrie,
3) les archives romaines sur la Zaer (Zegrenses) et la citoyenneté de leur chef, et le général Zaeri dans l'armée romaine ; pliny etc..
4) Awraba (Berbères marocains de l'Atlantique plaines). Awraba sont pas Arabes, Berbères, mais voir aussi les leurs mouvements à Iberia.
5) Benkhaldoun conclusion sur la berbérité de la confédération Zaer
6) La dynastie des Berghouata (Tamesna) pour plus de 700 ans contre l'arabisation et l'islamisation, et leur résistance aux dynasties: Idrissides, Almohades, Almoravides, Mérinides.
7) L'armée de Tariq ben Ziad qui a conquis l'Andalousie était principalement composé de jeunes soldats Zaeri (enfants zaeri étaient pris par les musulmanes comme otages à Tanger et une fois adultes ils étaient utilisés comme soldats à la conquête de l'Espagne: le fameux slogan de Tariq ben Ziad en Andalousie : l’ennemi devant vous et la mer derrière vous.) _
7) Bougniac ignorait fatalement que la grammaire du parler de Zaer est similaire à tamazight avec de nombreux mots d'origine berbère (noms, verbes, et les propositions ; formation du futur et du passé etc..); encore plus ignorait la contribution du phénicien / carthagien, grec, latin et pour les animaux, les plantes, les choses, les relations sociales, ainsi que les noms des personnes, des villages, et des domaines. Il ignorait aussi que des tribus portaient du nom de byzance (comme Bizaiz dans la region de Brachoua. M. Bougnac a été beaucoup influencée par ses études antérieures en Algérie (Telmcen) et peut-être aussi par sa fonction douteuse comme un officier de l'armée Française et amateur-linguiste. La crédibilité scientifique laisse à désirer dans les études coloniales.
J’envoi une étude génétique sur les imazighopghones et soi-disant arabophones (plûtot marocoophones pour le marocain (darija)) au Maroc par le laboratoire du Dr. A. Arnaiz-Villena et ses associés:
Gènes HLA en langue arabe Marocains: proche parenté de Berbères et les Ibères
•Gène profil des arabophones et berbérophones Marocains a été comparé entre eux et avec celui d'autres populations méditerranéennes en vue de fournir des informations supplémentaires sur l'histoire de leurs origines. Nos données suggèrent que la plupart des Marocains sont de l'origine berbère (Imazighen) et que les Arabes qui ont envahi l'Afrique du Nord et l'Espagne dans le 7ème siècle de notre ère n'a pas sensiblement contribué à la génétique, mais ils imposèrent leur avancée culture et leur religion. Les Berbères marocains sont du substrat de la population de la Méditerranée.
Rédigé par : azeghar | 24 juin 2008 à 17:16
Le proferreur Abdelaziz Benabdellah, dans son receuil sur les villes et tribus, nous livre sur les Zaërs, les renseignements ci dessous:
" Tribu arabe du Souss qui s'installèrent à Ribat El Fath ( d'après Al Istiksaa Vol. 3 page 108/ El Aalam d'El Mourrakouchi, Vol 2 page 86)"
Il cite Caillé, Loubignac, El Ifrani, Léon l'Africain et Ben Khaldoun sur les origines des Zaërs... Le professeur Benabdellah est l'auteur en 1972, d'un ouvrage sur le "parler" marocain " Nahwa Tafçih Addarija".
Je signale que Victorien Loubignac était professeur à l'Institut des Hautes Etudes Marocaines, après son décès, c'est le doyen des études de dialectologie arabe au Maroc, Louis Brunot, directeur honoraire de l'Institut, qui s'est chargé de l'examen des manuscrits et des notes de Loubignac. Ce dernier avait consacré plus de trente années à l'étude et à la pratique personnelle des parlers arabes et berbères du Maroc...
Rédigé par : Abdellah Naguib | 24 juin 2008 à 22:46
On parlait des Zaeri dans les archives des romains. Veuillez voir sur le gregale Bargati zaeri (page 421 : Berghouati Zaeri) dans le travail de Monsieur El Ouazghari au Département de l’histoire Antique à L’Université de grenade en Espagne »El Mundo Indegina en El Marruecos Antiguo :… (http://hera.ugr.es/tesisugr/15472954.PDF)
: et aussi vous pouvez consulter sur les archives romaines les riches informations sur ce sujet. Et surtout sur la lettre de Marc-Aurèle à Coiedius Maximus, gouverneur de la province de Maurétanie, en année 176. Aussi comme vous avez indiqué : Ibn Khaldoun, classe les Zaëri parmi les Berbères. Quedenfeldt se contente de les présenter comme arabophones ; de Segonzac les range parmi les Berbères Aït Ou Malu .
Qui devons nous croire ?? ceux qui disent qu’ils sont venus avant 500 de Sous où les documentations grecques, phéniciennes, romaines où ils ont parlé et écrit de leur existence socialement, politiquement, présence physiques sur le terrain avec des cartes en grec et latin. Et aussi leur présence dans l’armée de Tariq ben Ziad au 7ieme siècle.
Rédigé par : azeghar | 25 juin 2008 à 16:34
Il s'agit d'une question qui concerne la plupart d'entre nous, certes les documentations fort intéressantes conserveront leur valeur Ad Vitam aeternam, la plupart des tribus ne sont étrangères pour personne, je n'en voudrais pour preuve le passage que j'emprunte au Volume X consacré aux Doukkala dans la série Villes et Tribus du Maroc, publié par la Résidence Générale en 1934.
Dans l'antiquité, les populations qui habitaient entre l'Oum Rebia' ( Anatis flumen de Polybe, Asana flumen de Pline etc.) et l'Atlas, étaient d'après Pline, Ptolémée et l'itinéraire d'Antonin, connues sous les noms de Gaetuli, Nectiberes, Zegrensiosi, Vesuni ou Nesimi, branche des Autololes, Ouakouatai ou Bakouatai, Banioubai et Baniurae.
Ces dénominations, recueillies par des étrangers qui ne savaient pas la langue des habitants et n'avaient pas pénétré dans l'intérieur du pays, ne présentent évidemment pas de grandes garanties d'exactitude. De plus on ne sait rien sur l'importance de ces tribus ou de peuplades, pas plus que sur leurs relations entre elles. Etaient-elles indépendantes les unes des autres? Formaient-elles des Etats séparés ou, au contraire, composaient-elles un ou plusieurs royaumes?.Quel était le degré de civilisation de ces peuplades; quel était leur origine? Autant de questions auxquelles il est impossible de répondre. On a voulu, dans les noms plus ou moins déformés, rapportés par les auteurs anciens, retrouver ceux de certaines tribus modernes: les Guezoula seraient les anciens Gaetuli, les Seraghna seraient les Zegrensioi ou Zegrenses, les Berghouata seraient les Bkouatai ou Becvates, etc...
Les gars de chez nous, risquent de tomber à la renverse devant de telles assertions.
A titre d'exemple, la date du bombardement de la ville d'Anfa par Dom Fernando serait 1468 et ou 1469, les chroniqueurs étrangers restent sceptiques sur ce point, et pourtant!
Rédigé par : Abdellah Naguib | 26 juin 2008 à 01:54
Cher Abdallah,
les sources les plus fiables et intéressantes à notre histoire antique sont dans les archives romaines.
Autre chose le rôle des phéniciens sur les confédérations des plaines atlantiques et leur rôle dans la sémitisation des parlers (langues) dans cette région. Cela peut aussi expliquer pourquoi la plaine atlantique est devenue arabophone et la montagne amazighophone: je vois ici la similarité avec la Syrie, le Liban et la Tunisie et bien sur aussi avec les plaines côtières de l'Algérie : cela est du à la présence phénicienne..
Pour les chroniqueurs/historiens arabes, Benkhaldoun est de loin le plus crédible.
Avec les nouvelles techniques de recherches sur l'ADN et le génome humain, je suis sur que beaucoup de confusions sur les origines des confédérations (igrawen) marocaines seront prochainement résolues. C'est une bonne chose maintenant de savoir que les marocophones (darijophones) sont génétiquement similaires aux imazighophones.. la langue n'a pas changée les gènes. Cela aussi va surement arrêter les bêtises de la politique raciale au Maroc : amazigh versus arabe
Toujours un plaisir de vous lire.
Azeghar
Rédigé par : azeghar | 26 juin 2008 à 17:00
je voudrais savoir douvient il le nom de slamna merci
Rédigé par : yes yacine | 18 mars 2009 à 10:02
bonjour je voudrais savoir s il vous plait dou vient le nom de slamna merci
Rédigé par : yes yacine | 18 mars 2009 à 11:10
dou vient les noms de ouled-daho et hlalif merci
Rédigé par : yes yacine | 18 mars 2009 à 11:14
Une petite précision sur certains noms:les Zaers se subdivisent en 2 fractions Mzar3a et guefian
ce n'est pas mzarza,mais MZAR3A et Guefian
Rédigé par : Bouhali | 27 décembre 2009 à 01:51
Bonjour,
ce sujet me passionne,étant za3ri de Rommani,c'est tout ce que je sais,ce que je voudrais c'est une bibliographie pour pouvoir continuer mes recherches sur les Barghouatas et plus précisément le côté interessant les zaers,et aussi me situer dans cet engrenage dans l'objectif de chercher mes origines et une ginéalogie approximative
merci
Rédigé par : Bouhali | 27 décembre 2009 à 01:56