Le centenaire (13)
Le Centenaire du débarquement franco-espagnol à Casablanca en 1907
La Bataille de Sidi Brahim
Le 21 septembre, les forces françaises conduites par le général Drude atteignent le camp de Sidi Brahim, dans l'actuel quartier Californie, qui a été évacué en grande partie de nuit par les résistants, à la suite d'un code convenu avec les habitants de l'Ancienne Médina. Ces derniers les alertèrent des préparatifs ennemis en allumant un feu sur le toit d'une maison abandonnée.
Lakhdimi Allel cite Sabatier, auteur de L'Erreur d'Algésiras, qui résume cette opération : "L'expérience à démontré le danger que représente ces opérations d'observation, le Marocain est insaisissable… Certes, il fuit devant nos forces en ramassant ou pas sa modeste tente ? Il nous laissa à Sidi Brahim un joli trophée… Deux enfants et quelques gallinacés. Nous sommes partis avec 4.000 hommes et des mitrailleuses. Quant à eux, ils étaient effectivement 1.500. Ces Marocains n'occupaient pas de caserne militaire ! Mais un simple bivouac. La présence des enfants, s'il en est besoin, le prouve."
L'arrivée en pays Chaouia de la Mehalla envoyée par Moulay Hafid, sous le commandement de Moulay Rachid, Gouverneur du Tafilalet, connu pour son engagement et pour avoir mobilisé les résistants qui s'opposèrent à la pénétration française dans le sud-est revigorera les rangs des résistants.
Le combat de Sidi Messaoud, du 19 Octobre 1907
Ce combat, qui se déroulera entre le boulevard Panoramique et Sidi Messaoud, regroupera pour la première fois des forces venues des Chaouia, des Zayans et une partie de la Mehalla Hafidienne, avec ses hommes du Tafilalet et d'autres régions du pays.
C'est la plus dangereuse des batailles que livrèrent les résistants, au terme de laquelle il y eu trois morts dont le capitaine Ihler et dix blessés.
Quelques jours après cet affrontement, les français ont été forcés à fortifier leurs positions à Casablanca par la construction de deux Forts, dédiés à Provost et Ihler, pour contrôler l'accès de la ville.
Le capitaine Ihler, dont le corps a été rapatrié en France, s'est vu attribuer un mausolée en plein centre du quartier Californie, en souvenir du combat engagé en ces lieux. Qualifiés de sauvage engagement par le Capitaine du génie Bienvenue : "…jour du sauvage engagement des Koubbas de Taddert (1) ou le capitaine Ihler fut mortellement frappé. Si le ballon (d'observation) avait pu, ce jour-là, assurer sa fonction habituelle, nous aurions sans doute donné l'alarme en temps opportun. Tel était du moins le sentiment des officiers de chasseurs présents à cette sanglante affaire, qui nous ont avoué s'être retournés maintes fois vers le camp, épiant le moment où le ballon allait enfin surgir…".
Le Capitaine Grasset note dans son journal : "Notre cavalerie, dégagée, se replia sur notre infanterie et bientôt 4 à 5.000 Marocains entourèrent la petite colonne. Soudain le général Drude, averti par la fusillade, apparut sur les crêtes voisines (boulevard des Crêtes) avec deux bataillons et deux batteries amenés à toute allure. Les Marocains, surpris par cette arrivée subite, et criblés de projectiles, se replièrent vers le sud… La lutte avait été opiniâtre ; de nombreux cadavres ennemis restaient sur le terrain…".
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(1) Les Koubbas de Taddert, ce sont en fait les Trois Marabouts : Sidi Messaoud, Sidi Ali El Hajjam et Sidi M'hamed el Harti El Baamri El Idrissi, ce dernier à été inhumé en l'An 719 de l'Hégire.
Ces Moudjahiddines, sont inhumés dans les Ouled Haddou. Les tribus Chaouia et les habitants de Casablanca, font de cet endroit hautement symbolique, un lieu de pèlerinage et de recueillement en souvenir de ces hommes, qui assurèrent en leur temps la défense de leur pays.
Les combats qui eurent lieu en 1907, nous rappellent au bon souvenir de ces hommes qui n'ont pas reculés devant :
- 6 bataillons d'infanterie à 800 hommes avec 6 sections de mitrailleuses, organisés en 3 régiments de marche sous les ordres d'un lieutenant-colonel ;
- 2 batteries de 75 ;
- 1 batterie de montagne,
- 2 escadrons de cavalerie à 150 sabres,
- 1 goum algérien ;
- 1 compagnie de génie avec 1 section de télégraphistes et 1 section d'aérostiers,
- 1 détachement d'ouvriers d'artillerie, du train des équipages avec 60 arabas et leurs mulets.
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Note du ouèbe-maistre : Merci à Monsieur José Maria Morido pour ces photos, puisées dans son site.



































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