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Excursion à Berrechid en 1910 (1)

Maroc-Berrechid-gare

S’il m’est donné de ressaisir mon joli  rêve, que je partage avec mon cher ami Mohamed Manouni,  je rangerais l’histoire pittoresque et survolerais le présent de Berrechid à travers l’exposition d’images panoramiques et animées. Aujourd’hui, je vois la sympathique association Maroc Demain consacrer une journée culturelle au  thème de "Berrechid : Souvenir et mémoire". En présence de la photo géante de l'Hôtel de Berrechid, dupliquée sur MarocAntan, me viennent à l’esprit les réactions émotionnelles, inoubliables parce que contagieuses, de nos pionniers si Manouni et si Idaoubella et décide de ressusciter, par des textes insolites, des excursions faites à Berrechid en 1910.

Pour ne pas encombrer, je fais suivre la première excursion, organisée par la Société de géographie de Marseille et le Comité Marseillais du Maroc, en 1910, sous la plume de son secrétaire général, M. Hippolyte  Bardon :

"Nous quittons Casablanca le 2 avril, à 7 heures du matin, par le Decauville mis aimablement à notre disposition par l’autorité militaire. Ce petit chemin de fer ferroviaire, à voie de 0m50, qui relie Casablanca à Ber Rechid (42 kil.)  et qui sert uniquement au ravitaillement des postes et au transport des militaires isolés, ne rend pas le service que l’on serait en droit d’en attendre. Il serait à désirer que sa transformation en voie de un mètre s’effectue à bref délai (la plateforme est prête depuis les premiers jours de l’occupation) et que, au préhistorique mode de  traction à mulets, imposé par les bureaux de guerre, soit substituée la traction mécanique. En été, le système actuel de pose des rails  amène des déraillements  sans nombre par suite de leur dilatation causée par la chaleur; la voie prend alors l’aspect de montagnes russes, au grand désespoir des conducteurs (bien inconfortablement assis) et des voyageurs militaires dont le transport devient interminable et quelquefois dangereux. Une fois transformée la voie pourrait être exploitée commercialement ; elle rendrait alors de réels services à l’agriculture et au commerce et rapporterait de beaux bénéfices, tandis qu’actuellement elle coûte fort cher d’entretien pour des résultats médiocres.

Notre petit train de Liliput nous arrête à quatre kilomètres de Casablanca, devant la ferme Amieux (ancienne ferme Alvarez) où le propriétaire nous attend et nous fait les honneurs de son beau domaine de façon la plus aimable. Cette intéressante visite se termine par un lunch des plus agréables, où le champagne de la France alterne avec l’excellent lait produit par la ferme.

A vive allure, nos wagonnettes nous emportent vers l’étape qui nous sépare de Ber Rechid et nous arrivons pour déjeuner à la gare fortifiée de l’oued Bou Sekoura. Le poste commandé par le lieutenant Bourel, qui nous fait les honneurs, est occupé par quarante  hommes de la Légion Étrangère. Le travail accompli, dans ce coin perdu, par cet officier et ses hommes, est vraiment remarquable.

Maroc-Berrechid-hotel

Deux  heures séparent le poste de l’oued Bou Sekoura de Ber Rechid. Elles passèrent, rapides, tant nos regards furent captivés par le spectacle qui leur offraient les belles cultures du "Tirs" ; cultures ininterrompues pendant des kilomètres et qui font d’une grande partie de la Chaouia une Beauce plus grande, plus riche que celle de la France, et dont l’avenir agricole, entre nos mains, semble, de l’avis des spécialistes, devoir être vraiment extraordinaire.

Berrechid, centre de ce beau territoire de la Chaouia, est une agglomération dont le rôle consiste à ravitailler les différents postes d’occupation et à porter rapidement des troupes sur le point qui serait particulièrement menacé. Ce poste administre, en outre, les tribus ouled Hriz ; au même titre que Settat administre les Mzamza ; la Qasbah de Ben ahmed, les Mzab ; le camp de Boucheron, les Mdakra et les ouled Ali ; le camp Boulhaut, les Zyayda ; Casablanca, les Mediouna, les ouled Ziane, le camp de Bou Bekr et les populations riveraines d'Oum Rabi. Ces administrations s’occupent de la rentrée des impôts: la Zakat (2,5% de la valeur du bétail), l’Achour (10% du revenu des récoltes), l’Impôt de la guerre (20 pesetas hassani  prélevé sur tous les indigènes de la Chaouia, de 18 à 50 ans, pendant une durée de trois ans et à titre d’amende (soit au total 800.000 franc en 1910).

Ces officiers sont chargés de choisir les chefs indigènes, choix soumis à l’approbation du général commandant le corps de débarquement. Enfin, ils commandent les goums, sauf le commandant de Casablanca qui a en main la police franco-marocaine.

Ce sont ces officiers qui nous accueillent à Berrechid, réservant à notre petite caravane l’accueil le plus cordial. Nous sommes logés à l’hôpital militaire par les soins de l’autorité, car le Grand Hôtel Central, modeste bâtiment en planches, s’il nous a nourri d’une façon parfaite, n’aurait jamais pu loger un groupe aussi nombreux d’excursionnistes. Nous avons été l’objet de l’attention la plus délicate de la part de M. Delmas, médecin en chef et je le prie d’agréer ici, ainsi que ses collaborateurs et les officiers de Berrechid, au nom de tous mes compagnons de voyage, l’expression de notre sincère gratitude.

Maroc-Berrechid-village-marocain

Accompagnés de quelque-uns de ces Messieurs, nous visitons les curiosités de la petite ville, c'est-à-dire le camp sénégalais, très pittoresque, très grouillant et dont les habitants, femmes et enfants, sont légèrement et court vêtus ; le camp de ouled Nail (Nouail !), véritables marocaines, de tout âge, peu jolies, maquillées aux pommettes, sous les yeux, au bout du nez, au menton, avec des mouches placées ça et là, bref peu séduisantes. Elles habitent de misérables paillotes ouvertes à tous les vents et des plus inconfortables. La journée se termine par la visite de la kasbah, complètement reconstruite par nos troupes, des jardins potagers de la Légion et par une aimable réception au Cercle des Officiers.

Dans la nuit, la pluie survint torrentielle, et menaçant de compromettre notre départ. Le "tirs" devient, en effet, impraticable à la suite des pluies ; le tirs se transforme en boue visqueuse, collante, et il devient impossible aux cavaliers et aux voitures de circuler. Des mottes de terre énormes se forment sous le sabot des chevaux, autour des roues de voitures, comme sous les  chaussures des piétons rendant la marche des plus difficultueuses et mettant rapidement un obstacle presque absolu à la circulation.

Il est vrai, dès que la pluie cesse, la surface du sol se durcit très rapidement, surtout si le soleil veut bien se mettre de la partie.  C’est ce qui s’est heureusement produit le 3 avril au matin. Nous avons pu nous mettre en route, sans trop de retard, quelques uns à cheval, le plus grand nombre en carrioles, et nous acheminer, à bonne allure, vers Settat dont nous sépare une étape de 32 kilomètres".   

| Excursion à Berrechid en 1910 (2) >>

Note du ouèbe-maistre : Je m'associe à l'auteur pour remercier Si Mustapha Rafik et Si Mustapha Es Salek de nous avoir fourni les illustrations de cet article. J'en profite pour saluer les pionniers, Si Manouni et Si Idaoubella, en espèrant que nous pourrons donner prochainement à leurs contributions la place qui leur revient.

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Voici les sites qui parlent de Excursion à Berrechid en 1910 (1):

Commentaires

Monsieur abdelali
je ne vous connais pas mais vous me choquez tout de meme par vos propos.Au moins quand on presente dess condoleances et par respect aux defunts la politesse voudrait qu on utilise pas des termes de segregation et d exclusion ,sociale qui traduiset certes un certain esprit archaique, tribale ,exclusif et renfermé de certains hrizis pour ne pas les nommer. Pourquoi d apres vous ya de vraies et de " fausses familles" a Berrechid?!.! non mais quand vous dites les vrais, vous sous entendez qu il ya de fausses .faites attention a votre language et surtout a votre inconscient qui est entrain de vous trahir.
Est ce que ,par hazad, vous n' envisagez peut etre pas leur extermination pure et simple de '" votre ville"monsieur le furher. il est temps pour vous que vous sachiez que nous vivons dans un etat de droit dans ce pays avec une constitution qui garantit les droits de tout un chacun et que dans cette constitution il n est pas fait de distinction entre vos vraies familles et les soit disant '"fausses..familles'".
Un petit mot au webmaster , un peu plus de viginace s pour ces propos ségrégationniste dans l interet de votre site a qui je souhaite bonne continuation.

Un petit mot au webmaster ,

oui je disais un peu plus de vigilance s pour ces propos ségrégationniste qui risquent fort bien de porter atteinte a votre site a qui je souhaite tout de meme bonne continuation.
merci.

Tout en remerciement notre visiteur, qui partage notre deuil, sur la mise au point, dans certaines mesure, justifiée, j’évoque la mémoire de notre cher disparu qui fut un café au lait si tolérant ; « ça va de soit », avait il écrit quand un internaute lui avait confisqué son pseudonyme ould lquissarit sur ce site. Ainsi donc, fausses ou vraies familles, ça va de soit et cela ne veut rien dire dans une ville qui ignore les castes. Si parfois ou toujours on parle de l’ancienne Berrechid, c’est parc que ce qui fut hier est maintenant démodé et n’intéresse plus aujourd’hui et non parce que nous sommes chauvins. Soyons frères, continuons de l’être, surement on a voulu dire ancienne et on a dit vraies familles. Ce sont bien les anciens qui connaissent l'enfance du disparu. Oublions le malentendu, prions pour si Mohamed, allah y rahmou , lui qui aimait employer le verbe nuancer dans pareils accrochages regrettables. Cordialement à tous.
Tahir Jillali

I was born in Casablanca in 1944. I am looking for my neighbour Si Mouhammed whose sister was Jamilla. His father was a French war veteran.
We used to live on Rue Aoudja.
If anyone on this site knows were I could find him today I would very much appreciate any information
Thank you

lailaha illa anetasoubhanaka inniii
kounetou mena dalimine...lah yerahemek à si mouhamed ya foumme bla 3are...inna lillah..wa inna ilayehi raji3oune

Bonjour, a tout mes proches de Berrechid je suis descendant de BOUANANE DRISS ( halla y harmo )né en 1940 A BERRECHID et qui a émmigré en France en 1974 avec des casaouis Dahouz et Chajid pour venir y travailler,il décède en 1998 LE 8 JUIN. je sais comment il est arrivé en france mais je ne sais rien sur la période 1940 A 1974, je sais que ma soeur Nassima, est né au maroc en 1970; Mes oncles qui vivaient encore a Berrechid nous ont quitté ,le commissaire Haddaoui et Hamed qui travaillait la terre j ai encore des cousins la bas mais cela fait tres tres longtemps que je n'y suis pas allé, SI quelqu'un connait notre famille ou qui a connu un des notres qu'il me fasse signe car la famille de france aimerait savoir beaucoup de choses sur cette grande famille BOUANANE, mon grand pere Maaty décède entre 1955 à 1960 environ,mon arriére grand pére Hamed Bouanane jamais entendus parlé, je sais que mon pére Driss avait au moins 16 ou 17 fréres et soeurs.Voila à trés bientot sur marocdantan quel fabuleux site . merci a tous

Bonjour tous les visiteurs de site marocantan

J'ai senti un très grand honneur en ouvrant au hazard ce site à travers une photo j'ai découvet cette ville ma ville ou je suis née et j'ai grandi ou je me suis mariée et mis au monde mon enfant j'ai découvert que ma ville n'est un fruit du hasard mais elle sa propre histoire des origines très profondes dont je suis fiere je souhaite de tous les barchidis qu'ils préservent cette ville ce petit jouyeux fiers de ouled hriz les vrais hrizis machi lembarhchine et merci a celui ou à ceux qui ont pris l'intiative de me faire connaitre ma ville natale.

quel est l'origine des oulad hriz svp

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