Le Centenaire du débarquement franco-espagnol à Casablanca en 1907
Les journaux de l’époque donnèrent le récit de l’envoyé spécial de l’Agence Reuter qui, pendant le combat de mercredi 28 Août 1907, se trouvait au milieu des troupes françaises, sur les hauteurs du garage Allel : "A 300 mètres de nous, deux compagnies de la légion étrangère se formaient en carré autour de deux canons de campagne. Nous nous hâtâmes de les rejoindre ; ils tiraient rapidement sur l’ennemi qui les attaquait sur trois cotés à la fois.
Le feu des Marocains était très nourri, et les canonniers français manœuvraient leurs canons avec une grande rapidité, couvrant les Maures d’une grêle de balles ; mais l’ennemi, dispersé sur un point, repassait sur un autre, ce qui nécessitait un changement continuel de la position des canons. Les canons étaient placés presque sur la croupe des chevaux : ces derniers restaient calmes, étant admirablement tenus en main par leurs conducteurs.
La légion étrangère, formée en carré avec son commandant, le major Provost, au centre, restait comme un mur de granit. Le calme de ces soldats, leur répétition précise des ordres, le contrôle absolu de leur feu était vraiment remarquable. Ils se trouvaient attaqués sur les trois faces sous un violent feu croisé, mais rien ne put un moment les troubler. Les officiers dédaignaient même de descendre de cheval.
"On ne" saurait trop faire l’éloge de la légion étrangère ; une balle frôla la tête d’un soldat qui enleva son casque et s’inclinant : "Bonjour, mademoiselle !" Un jeune docteur, qui voyait pour la première fois le feu, pansait les blessés comme dans un hôpital."
Le Capitaine F. Fons, Officier d’Etat Major, qui assista à cette bataille nous en dresse le bilan : "C’est le Commandant Provost qui pris le commandement des éléments français, composés des unités de cavalerie, fantassins, goums et canon de 75.
2 h15 Sur les hauteurs de la route de Médiouna, nos troupes furent reçues par un feu nourri, ils ripostèrent énergiquement.
2h 40 Nous reprîmes notre marche sous la couverture des canons de La gloire (bâtiment de guerre) et des canons de 75.
3h 30 Un fort contingent de Marocains afflua du sud et de l’ouest à 4h nos troupes furent encerclées de tout coté. L’orsque le Général Drude s’est rendu compte de la gravité de la situation… il réorganisa ses contre-attaques pour se dégager et à 5h30 l’ordre est donné pour que les troupes regagnent leur camp".
Le Capitaine F. Fons Officier d’Etat Major juge les combattants Marocains : "Ce sont de véritables et redoutables adversaires, c’est grâce à la supériorité de notre seul armement que nous avons pu les repousser et éviter ainsi des pertes considérables".
Le Capitaine F. Fons fait état de trois morts et neuf blessés du coté français à l’issue d’une bataille qui a duré 5h 15… dans un terrain des plus dangereux ! Il fixa les pertes du coté marocains à deux cents morts ! La Marine joua un rôle capital lors de cette bataille, son intervention à été décisive pour disperser les cavaliers et empêcher les fantassins qui se trouvaient en embuscade, de provoquer le corps a corps. Huot, le chef des renseignements militaires estime le nombre des combattants marocains à 1.500 au lieu de 4.000, complaisamment avancé par la presse pour décrire cette bataille, ce chiffre ne correspond nullement aux moyens mis en œuvre par les deux parties. Le général Drude, un grand soldat, ne s’aviserait pas de lancer ses hommes en face de 4.000 hommes, sans avoir recueilli au préalable les renseignements d’usage sur "l’ennemi".
L’Amiral Philibert, commandant de l’escadre française, qui avait apporté le soutien des canons de sa flotte aux troupes engagées dans cette bataille, reconnais que "Les Marocains ont lancés une longue attaque sauvage, au cours de laquelle ils ont démontrés un courage parfait…Nous avons assisté à une bataille sans merci à deux kilomètres de la mer, nous avons tenté de repousser les Marocains en utilisant les canons, finalement nous avons du reculer. Que faire avec ces cavaliers fougueux qui n’ont rien appris de la sévère leçon que nous leur avons infligée ? Ils sont motivés et sûrs d’eux mêmes ; leur tactique est remarquable, leurs cavaliers sont plus rapides que les nôtres, les goumes n’arrivent pas à les atteindrent à près. Ca fait trois semaines que nous avons débarqué nos troupes et aujourd’hui nous sommes attaqués de 300 mètres du camp… Nous pouvons dire : "Aucune avancée n’a été réalisée sur les Marocains, ils disent qu’ils encerclent les Français à l’intérieur de Casablanca en ruine"".
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Note du ouèbe-maistre : Que dire à Monsieur José Maria Morido, une fois encore à l'origine des photos d'illustration ? Mille fois merci !





































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