Radioscopie d'une relecture de la petite histoire de la ville d'Ifrane
Le village marocain
Le plan d'aménagement initial, lors de la création du centre d'estivage d'Ifrane, ne prévoyait pas de zones destinées à abriter une population, de plus en plus grandissante, d'ouvriers, de domestiques, attirée par les chantiers de construction de bâtiments ou de terrassements. Ce mouvement migratoire interne, si important, est aussi dû aux effets de la crise économique provoquée par la sécheresse des années 1930 (Le Maroc entre la famine et la satiété : Essai biographique consacré à Saïd Hajji par Abou Bakr Kadiri.).
L'administration coloniale axera donc ses efforts comme l'a si bien écrit Daniel Pinson (op.cit.) sur la cité-jardin destinée aux européens. Cette omission, plutôt cette négligence, a engendré la prolifération de logements précaires, sans aucune norme de sécurité ni d'hygiène, disséminés dans la zone périphérique de l'agglomération. Un recensement effectué en 1936 accuse l'existence de 2 000 ouvriers travaillant dans les chantiers de construction.
Quatre années après et de peur d'un foisonnement incontrôlé, la Résidence Générale saisie de cette question décida, dès 1940, la construction, sur un même modèle, de 40 petits logements qui seront loués aux ouvriers indigènes moyennant un prix de location très modeste. Ce sont les Diour j'dad. Une école musulmane et d'autres habitations, sur un autre modèle, aussi exigues que les précédentes, seront érigées quelques années plus tard. C'est le village dit village marocain. Le choix de cet emplacement, fut dicté, évidemment et bien sûr, par ce souci de séparation entre et les Européens d'une part et des indigènes d'autre part. Le ravin dit de Timaddikine, répondra parfaitement à cette aspiration.
Qui de nous, anciens d'Ifrane, ne se souvient pas du "majestueux" panneau qui indiquait la direction du Village marocain juste au tournant qui surplombe le ravin dit de Timaddikine, à l'angle ouest du pénitencier. (Quelle référence pour un village marocain étranger dans son pays !)
Du plus loin que je me souvienne, il existait trois bidonvilles : Le plus ancien est celui dit Timaddikine lakdima du côté de l'abattoir municipal et le second est Timaddikine j'dida, un autre est venu se coller au cimetière musulman. L'enceinte européenne est donc sauvegardée de tout intrus.
Alors que Le Maroc vient de lancer en juillet 2004, un programme de résorption de bidonvilles, la ville d'Ifrane peut s'enorgueillir d'être l'un des précurseurs de la politique de "Ville sans Bidonvilles". En effet ce phénomène a complètement été éradiqué à la fin des années 1970.
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merci d'avoir évoqué Ifrane. La proximité su Michliffen et le climat tres sain (altitude 1632 m) attiraient les vacanciers. Le skating Félix, la source Vittel, l'hotel Balima, et bien sur le Lion, la Prairie, la riviere aux truites, la piscine et le majestueux Palais Royal qui surplombait la ville, la cascade des Vierges sans oublier les Lacs Daiet Aouah et Daiet Iffrah, sont les points forts de mes souvenirs de cette region.
Rédigé par : Sylvain | 19 juin 2007 à 07:15
De même et en plus :
les premiers névés en arrivant sur la route de El Hajeb, la place neigeuse et boueuse : altitude 1600,
La Sylve, colonie de vacances (et la decouverte des scorpions)
j'bel hebri, j'bel habri (c'est pas le même ?), borj doumergue, j'bel hayane au loin, le soir, au carrefour d'Azrou lorsque qu'on rentrait (un reve inaccessible !)
mes premières montagnes de 1958 à 65, en week end de Rabat ou en colo, une nuit dans la voiture à cause d'une (petite) tempête de neige.
Moi qui hesite toujours entre l'ocean et la montagne, (qui fait du surf à Essaouira et qui habite dans les Alpes) je ne l'oublie pas, ce "jura marocain" du pays des merveilles
Rédigé par : Philippe Rainaut | 02 juillet 2007 à 19:36