Radioscopie d'une relecture de la petite histoire de la ville d'Ifrane
Conclusion
Victime d’une mafia de spéculateurs fonciers plus qu’outranciers, Le centre d’estivage d’Ifrane, l’Ifrane de notre enfance, se voit aujourd’hui, de plus en plus, agressé par la construction de quartiers et d’immeubles d’une architecture plus que compliquée.
L’exemple le plus frappant ne serait il pas cette extension de "Hay Er-Ryad" où règne un véritable caractère d’incohérence et d’inesthétique ?
<< Histoire de la ville d'Ifrane (12) |
Note du ouèbe-maistre : Ifrane, dernière ! Les meilleures choses ont une fin, comme cette page d'histoire que nous a fait partager Si Mohammed El Aouene. Au nom des internautes qui visitent ce site, je remercie l'auteur pour ses textes documentés, auxquels, loin de tout académisme, il a su insuffler le parfum d'une époque. Nous attendons impatiemment qu'il reprenne sa plume... un jour prochain !




































Ifrane , ma ville natale
Par
Mohammed EL AOUENE
Mon Ifrane à moi, l’Ifrane de mon enfance n’est nullement celui que vous connaissez aujourd’hui. Mon Ifrane était un paisible tout petit village avec de nombreuses pelouses et de jardins publics. Mon Ifrane était constitué de chalets aux toitures d’ardoises et de mystérieuses petites villas d’estivage aux tuiles rouges. Les quelques bâtiments en dur étaient occupés par les Administrations publiques ou les hôtels pour vacanciers ou encore les colonies de vacances. Un véritable refuge de paix où tous les habitants se connaissaient.
Les rues venaient à peine d’être baptisées. Elles portaient toutes les noms des arbres qui les bordaient. Si ma mémoire ne me trompe pas seules, la rue des goums et les deux avenues du lion et la poste faisaient exception. Et ce fantastique jardin public ou comme disaient mes parents « jardin du contrôleur » où nous jouions à cache-cache ou aux indiens et aux cowboys, ce jardin prolifique où l’on rencontre diverses types de végétations, qui était pour nous un lieu de rencontre de tous les enfants du centre du village. Et comment oublier ce coin coloré de paradis, toutes ces odeurs qui se dégageaient, pêle-mêle et qui nous embaumaient jusqu’à la prochaine visite ?
Les espaces… que d’espaces libres, que d’espaces verts …Que de fois de bon matin ; je me retrouvai mes camarades et moi, du coté de l’église pour nous rendre à la «source», pompeusement baptisée Vittel et rapporter une eau froide riche en fer comme aimaient à nous dire nos parents. Au retour vers midi nous profitions de l’absence des gardes champêtres pour une baignade à la hâte, pourtant interdite, dans l’eau glacée de la partie de la rivière communément désignée par l’oued « l’mrabbout», le marabout. On l’appelait ainsi tout simplement parce que l’église surplombait cette tranche de la prairie. J'ai encore le vague souvenir du jour où ces gardes champêtres que nous aimions beaucoup, et qui nous faisaient toujours un peu peur, nous avaient confisqué, pourtant, nos modestes habits . . .
Et cette « Ile d'Amour » où nous jouions au saut de moutons et à cache-cache ou encore aux Indiens et aux cow-boys. Pour y accéder nous préférions les gués aux ponts de bois de cèdres. Que de fois avais je glissé sur une pierre mouillée et m’étais retrouvé trempé jusqu’aux os et grelottant de froid dans l’eau gelée.
En parlant d’Ifrane, je ne peux m’empêcher de ne pas évoquer sa fameuse sculpture du lion de l’Atlas à laquelle j’ai consacré toute une recherche . En rendant justice à l’auteur je pourrai, sans aucune crainte d’être contrarié, avancer comme le dit si bien l’adage « Vox populi, vox Dei ». Finement taillée sur de la roche tendre en 1930 par l’artiste Henri MOREAU , la sculpture du lion d’Ifrane mesure, dans sa posture au repos, environ 7 mètres de long, 1.50 m. de large et 2.00 m. de hauteur.
Mais ce que je garde le plus de cet ouvrage c’est le jour où « nous nous sommes retrouvés, mon père et moi, devant ce monument qui me paraissait, à mon âge, d’un aspect massif et grandiose. Et je ne peux franchement vous décrire quelle a été cette angoisse qui m’avait subitement contracté la poitrine devant cette colossale sculpture. Je m’accrochais de plus en plus à la main de mon père. L’appréhension que me faisait sa vue s’était, peu à peu, dissipée en voyant d’autres enfants de mon âge roder autour du fameux lion sans aucune crainte d’être « dévorés ». Depuis cet instant, je m’étais toujours posé une question bicéphale : qui a sculpté ce lion et quand ? »
Et cette forêt ne mérite-t-elle pas d’être citée ? Ces cèdres, ces chênes et rarement ces ifs que nous grimpions à la recherche de nids de tourterelles ou de branches mortes pour le chauffage. Cette forêt de l’Atlas qu’aujourd’hui des chercheurs tel que Michel Tarrier défendent avec acharnement renferme, du moins celle confinée au village beaucoup de nos souvenirs d’enfance…..
Au fil des années, l’Ifrane de mon enfance, ne pouvait échapper au développement que connaît toute agglomération. Les chalets de bois se sont substitués en villas de pierres. Les beaux hôtels privés ont été récupérés par des sociétés publiques ou semi publiques voire, purement et simplement, par des administrations. Les magasins de souvenirs, quant eux sont devenus de véritables « Bazars ». A ce triste décor ajoutons la « bidonvilisaton » du marché municipal, fierté des premières années de l’Indépendance de notre pays.
D’un petit village d’un millier d’habitants s’est vite transformée en une ville administrative avec tous les avantages et les inconvénients que cela représente. Toujours heureux de constater cette progression, mais, il faut l’avouer, toujours mélancolique de constater cette régression de son ordonnancement architectural et de son environnement naturel.
Aujourd’hui, plus de cinquante ans après, toujours chargé d’émotion, j'aime m'arrêter devant chaque demeure, chaque arbre, chaque rue qui m’avait accompagné tout au long de ma prime jeunesse.
Mohammed EL AOUENE
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 29 décembre 2007 à 20:03
Bonne et heureuse année 2008 à tous les "marocantanais"....
Rédigé par : | 30 décembre 2007 à 13:15
merci tu m'a fait voyager dans le passé inoubliable ,celui de mes ancetre
Rédigé par : Mourad Ifri | 14 août 2008 à 16:38
Merci Mourad, voilà le genre de site que tu aimes. Tu vas , sans ombre de doute, te "régaler" , toi qui adore le récit historique.
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 14 août 2008 à 21:50
Bonjour .
Je suis né a Ifrane en 1950 . C'est mon pere Vaclav Kolbé qui travaillait pour la companie Fayouille ( ou quelque chose comme cela)qui fut l'ingenieur en chef de la Poste, la colonie de vacances blanche , ainsi qu'un grand centre de soins pour turberculeux en dehors de la ville .
je suis anglais mais fiere d'etre du maroc .
Parlant de source, ma soeur est enterrée au cimetierre d'Ifrane (si quelqu'un passait par là...)et je me rappelle de la source juste devant ... a memoires , memoires ... J'ai aussi fais mon temps aux colonies , des jeux au bords de la riviere , amoureux a l'age de 10 ans de ma monitrice ... j'ai peur dis retourner a Ifrance,a kenitra, a Mogador ,je garde mes souvenirs jalousment ..
A bientot ?
Jeremy Kolbé
Rédigé par : kolbé | 15 août 2008 à 07:18
Bonjour,
Le hasard a voulu que je sois né une année après vous à Ifrane..et je réside , actuellement , à Kénitra...J'ai encore une petite maisonà Ifrane, héritage de mon défunt père qui a travaillé dans presque tous les hôtels d'Ifrane; mais là où il a passé le plus c'était l'hôtel les lilas avec comme propriétaire Fabien AZAN.. et j'y vais de temps à autre...
Quant au cimetière d'Ifrane, je suis passé à côté, pas plus loin qu'il y a quatre jours..La clôloture est bien entretenue (un mur de 2m et un portail fermé à clef)...avec tout autour des cyprès...Enfants nous y allons pour lire les épitaphes et se vantait d'avoir connu un membre d'une telle ou telle famille...
Ifranement vôtre:
Mohammed EL AOUENE
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 15 août 2008 à 11:08
se vanter
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 15 août 2008 à 11:10
Né à Casa(Maarif) en 45. Ma famille s'installe à Ifrane en 59. Mon père succéda à mon oncle pour gérer la colonie de vâcances des PTT jusqu'en 64.....le père Orieux qui s'occupait du palais...le père Pérez qui s'occupait du chasse-neige...ce petit chemin entre l'ile d'amour et le palais où nous dérangions les merles...les sauterelles vertes et libellules qui s'envolaient devant nos pas...
Rédigé par : Parra Joël | 15 août 2008 à 22:02
Oui, la batisse de la "Favourite" , colonie de vacances des PTT....J'ai connu le défunt "Bezza", chauffeur et gérant ...Oudad de son vrai nom de famille...
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 16 août 2008 à 02:38
Les noms d'européens d'Ifrane qui me reviennent à l'esprit [Je vous prie de m'excuser pour les fautes d'orthographe voire de phonétique) :
Azan; Scheaffner; Panetier; Henry; Hainery; Landraud; Kerbrat; Loison; Dufoux; Tamisier; Ruiz; Manuel; Yani; Lachanaud; Niko; Augier; Gatouillat, Leblanc; Gelormini; Duchène; Daulomy; Bukwell; Blanchard; Grizoni; Labrousse; Hamon; Khaïmi; Seguin; Lazari; Guignard; Giorgi; Pagès; Serres; Loubay; Cheks; Mannoni; Tobali; Lachenal; D'Onofrio; Gacon; Felix; Alabert; Anthian; Tonio; Azoulay; Chafaï; Pepino; Latric; Domas; etc.
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 19 janvier 2009 à 11:02
Les noms des hôtels d'Ifrane :
Les Lilas
Les Tilleuls
Les capucines
Les Perces neige
Le Balima
Le Grand Hôtel
Au Coin de France
Le Parc
Les noms de Cafés
Le Casino
Le Rex
L'Evasion
Les Routiers Chez Pagès
Le Chamonix
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 19 janvier 2009 à 12:44
nous habitions casa,et l'été, nous allions passer un mois au "chalet de la marine",sorte de maison familiale réservée aux familles de militaires
je crois qu'il surplombait Ifrane,au milieu des sapins
des vacances merveilleuses;je ne sais si le chalet existe encore
je vais revenir ce printemps à ifrane,je ne reconnaitrai surement pas..sauf les senteurs
Rédigé par : anne JL | 22 janvier 2009 à 17:25
Eh ! oui, le bâtiment existe toujours...Il est sur la route de Fès juste en face de l'Université Al Akhaouyne...
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 23 janvier 2009 à 00:15
ne en 1961 nous allions avec mon frere patrick en colonie a la maison familiale francaise d'ifrane pendant des annees on nous appele les piliers de la colonie que de bon souvenirs nous etions d'oujda ma derniere annee a ete en 75 ou j'etais aide moniteur amities
philppe journoud
Rédigé par : journoud philippe | 11 février 2009 à 23:16
Bonjour Philippe JOURNOUD
et cher "El Ouajdi",
La maison familiale française telle que vous l'aviez connue a été démolie et remplacée, ces derniers temps, par un immeuble/résidence des Affaires sociales de l'Armmée Royale...
J'ai publié il y a quelques mois un livret intitulé "Ifrane, la perle verte du Moyen Atlas" comme j'avais publiée il y a quelques années un autre opuscule sur la sculpture du lion d'Ifrane....
Sincèrement :
Mohammed EL AOUENE
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 13 février 2009 à 08:58
Un autre nom que j'avais oublié :
il s'agit GELORMINI, l'adjudant forêtier dont le fils Coco était l'ailier de l'équipe de foot ball (l'étoile du Moyen Atlas)
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 13 février 2009 à 11:16
j'ai l'impression de revoir un ancien ifraniq que nous chargions d'être toujours responsable de classe et comme on aimait la litterature on terminait toujours nos lettres par cette phrase tirée du roman de Mauriac ; sur ce trottoir où je t'abondonne j'ai l'espoir que tu n'es pas seule
El aouene me retrouvera
facilement
Rédigé par : mohamed brahimi | 23 mars 2009 à 00:20
Comment ne pas te reconnaitre Si Mohamed Brahimi ? Et ces cours de philo avec M. Léon , nous occupions la même table ...Intelligent comme toujours cela ne m'a pas étonné que tu réussisses tes études supérieures et devenir un professeur universitaire de renommée...
Le hasard a voulu que je sois passé , pas plus loin qu'hier, par le quartier où tu as grandi...J'ai même remarqué que la petite villa de la famille de Adberrahman B. et son épicerie était toujours là...
Amitiés sincères :
Mohmmed EL AOUENE
Rédigé par : Mohammed EL AOUENE | 23 mars 2009 à 11:14