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Banque du Maroc, à Casablanca

Maroc-Casablanca-banque-etat

Ces bâtiments faisaient le coin de ce qui était alors la Place de France.

Ils ont disparu lors de la percée de l'Avenue des Forces Armèes Royales

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Voici les sites qui parlent de Banque du Maroc, à Casablanca:

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La Banque d’Etat était installée en Ancienne Médina, sur une place de la rue Centrale.
C’est là que, sous la surveillance des directeurs Guinard et Merlin, les chameaux venus de l’intérieur apportaient dans des chouaris cousus les douros, pesetas et hassani, réunis par ses Agences.

Les « devises » qui avaient cours à l’époque sont : les monnaies hassani, espagnole et française,


A partir de 1912, deux monnaies avaient cours au Maroc (zone française) la monnaie française (billets de la Métropole et d’Algérie) et la monnaie métallique marocaine-en argent- dite « Hassani » du nom du Sultan Moulay Hassan décédé en 1894.

Au lendemain de la grande guerre, un dahir du 16.10.1919 abrogea la parité entre le franc et le hassani ce dernier retrouva sa liberté de change, il devint immédiatement matière de spéculation et d’agiotage de la part des commerçants et des hommes d’affaires étrangers.

Sa valeur atteint aux guichets de la Banque d’Etat du Maroc, le cours de 165 Frs pour 100 Hassani, les colons qui devaient rembourser leurs dettes en Hassani s’affolèrent. Il leur fallait "se ruiner" pour honorer leurs engagements.

La politique financière officielle provoqua un lever de bouclier, un « Comité des cinq » comprenant :

Houel et Laffitte (journalistes) Amieux (fermier) Michon (commerçant) et Chapon (entrepreneur) appelèrent à une grande manifestation à Casablanca pour examiner la « crise du hassani ».

Une réunion houleuse se tint le 22.IO.1919 dans l’enceinte du cirque NAVA. La réunion faillit tourner à l’émeute lorsque des voix incendiaires s’élevèrent : « Brûlons la Banque d’Etat ! »

La Monnaie Hassani, symbole de la vitalité de l'économie du Maroc, fut supprimée en mars 1920, un pan de la souveraineté de notre pays venait de disparaitre.

Bravo,si Abdallah,et merci pour cet eclairage si documenté sur les circonstances ayant accompagné la fin du hassani.Je suis sûr que peu de personnes connaissent ces détails historiques. Un tel commentaire est digne de figurer dans ceux accompagnant la présentation de cette monnaie au Musée Numismatique de Bank Al Maghrib. Cela viendra un jour, j'en suis convaincu.
Continuez s'il vous plaît à nous faire partager votre érudition, ce sont des pans entiers de l'histoire du Maroc qui remontent fort heureusement à la surface.

Que se passe-t-il au Maroc en ce début de XXe siècle ? D'abord les caisses du Trésor marocain sont vides.
Le Maroc ne se remet pas de sa défaite contre l'Espagne en 1860 et de la lourde indemnité (100 millions de pesetas) qu'il lui a fallu payer.
Depuis la mort en 1894 du grand sultan Moulay Hassan Ier, les sultans Moulay Abd el Aziz et Moulay Hafid (que les Marocains appellent « les rois mabouls ») sont dans l'incapacité de gouverner le pays.

Les exactions des tribus marocaines sur notre frontière algérienne sont quasi quotidiennes, amenant le général Lyautey, en poste à Aïn Sefra dès 1903, à intervenir militairement en occupant Béchar, Berguent... Depuis la conférence de Madrid en 1880, l'affaire marocaine s'est internationalisée. Mais le commerce fonctionne, les navires se pressent en rade foraine de Casablanca. Les nations européennes se surveillent de près pour ne pas laisser l'une d'entre elles prendre plus ou trop
d'emprise sur ce commerce. Chacune de ces puissances, comme on dit alors, essaie de se tailler une tranche de ce malheureux pays.

L'Allemagne qui, jusque-là, se désintéressait du Maroc et de l'Afrique du Nord (laissez le coq gaulois gratter le sable du Sahara ! sous-entendu, comme ça, il pensera moins à l'Alsace et à la Lorraine), prétend avoir de gros intérêts dans le Sous (la région d'Agadir) où elle a 4... ressortissants! Le Kaiser débarque en visite officielle et inopinée à Tanger le 31 mars 1905 et se porte garant de l'intégrité territoriale de l'Empire chérifien. C'est un véritable acte d'hostilité qui nous impose la Conférence d'Algésiras en 1906.

L'Angleterre n'a d'yeux que pour Tanger et/ou Ceuta, qu'elle craint de voir concurrencer son Gibraltar et contrôler le détroit. Mais elle a aussi des agents actifs (le pseudo-caïd Mac Lean par exemple) qui lui assurent une place importante au point de vue politique.

L'Espagne considère, depuis la Reconquista, le Maroc comme sa chasse gardée. Elle y entretient des « présides » Ceuta, Melilla, etc... Elle a refusé, en 1902, un accord (secret), délimitant une zone espagnole au nord du Sebou, par crainte des réactions de l'Angleterre.Quant à la France qui a imposé son protectorat à la Tunisie, elle a des vues assez nettes sur le Maroc, ne serait-ce que pour avoir la paix sur ses frontières algériennes.
Il faudra bien pourtant que tout ce monde-là se mette d'accord ! C'est ce que commence à faire Delcassé, ministre des Affaires étrangères, en concluant avec l'Angleterre la fameuse « Entente Cordiale » (devenue vitale devant l'essor du pangermanisme).

La Banque d’Etat du Maroc à été concédée en vertu de l’acte d’Algésiras de 1906, les délégués allemand et français ont longuement discuté avant de sceller l’accord définitif sur le sort de la Banque Marocaine…
Cet arrangement comporte, la cession à la banque du droit de préférence contre deux parts du Capital, ce qui fera pour la France trois parts, chacun des autres pays en ayant une seule, les droits appartenant aux porteurs de l’emprunt français de 1904 ( !) sont reconnus.

La banque aura quatre censeurs, désignés par :
La banque d’Angleterre, la banque de France, la banque impériale (Maroc) et la banque d’Espagne.

La situation de la « dette » du Makhzen arrêtée au 1 septembre 1909, donne une idée sur les intérêts en présence.


-(1)Emprunt Allemand: 12.500.000 Francs.
-(2)Emprunt Français: 2.000.000 Francs.
-(3)Diverses Banques: 4.050.000 Francs.

-(4)Maison Allemande Haessner: 2.191.425 Francs.
-(5)Maison Française Braunschwig: 2.819.500 Francs.
-(6)Compagnie Marocaine: 2.695.875 Francs.
-(7)Cie M. Pariente: 1.150.000 Francs.
-(8)Divers: 5.909.050 Francs.

Total: 33.314.850 Francs.

…(9)Indemnités de Casablanca: 8.000.000 Francs.

…(10)Frais de guerre Chaouia: 60.000.000 Francs.

-(11)Frais de guerre de l’Espagne
À Casablanca: 6.000.000 Francs.


Détail des postes ci-dessus:
-(3) Par l'intermédiaire du Caid Mc Lean.
-(5) Benjamin Braunschwig, représente la firme lyonnaise Iréné Brun, derrière laquelle se dessine l’intervention du puissant Comptoir d’Escompte et de la Banque de Paris et des Pays-Bas.
-(6) Travaux du Port.
-(9) bombardement de la ville...
-(10)C'est la campagne de la Chaouia, menée par le général d'Amade en compagnie de Spahis, Sénégalais, Légionnaires, Zouaves etc.
-(11) Ce sont les dépenses engagées par les hommes du général Sylvestre.

Sans commentaire, pour les postes: 9-10 et 11.

La Conférence d'Algésiras semble, en 1906, promettre quelques réformes dans le sens d'une modernisation du pays et d'un pas vers le calme. Une police est réorganisée par les Français, les Espagnols et les... Suisses. L'armée est à l'instruction avec des officiers anglais et français.Pour arranger les choses, en 1903 un Rogui(2), Bout Amara (l'homme à l'ânesse) se lève dans le Rif qui met Fez en péril depuis son fief de Taza.
Arrive pour le Maroc, la funeste année 1907. Le 19 mars, le docteur Mauchamp, qui tient un dispensaire installé par le ministère français des Affaires étrangères à Marrakech, est assassiné. En représailles, les troupes françaises, sous le commandement du général Lyautey, occupent Oujda.
.En août de la même année, des tribus excitées par des fanatiques, massacrent des ouvriers qui travaillent à la construction du port de Casablanca et la menace qui pèse sur la petite communauté européenne amène la France (et avec une très faible participation l'Espagne) à entreprendre une nouvelle opération, bombardant copieusement Casablanca, débarquant des troupes et l'occupant ainsi que les environs (2) pour protéger les populations.
Durant les années 1908 à 1910, l'anarchie continue de régner en dehors de la zone occupée par la France. Le sultan Moulay Abd el Hafid, au nom de la guerre sainte contre les « Infidèles » (entendez par-là les Français qui occupent depuis 1907 Oujda et Casablanca), a déboulonné son frère Moulay Abd el Aziz (qui, entre parenthèses, n'était pas un mauvais bougre et que la France a eu la lâcheté de laisser tomber). Par ailleurs, il lui est reproché, n'ayant pas renvoyé tous les roumis du Maroc, d'être un mauvais musulman. Au point de vue politique, l'anarchie est partout. Les mehallas chérifiennes qui sont l'armée marocaine, ne sont, malgré la présence d'instructeurs de la Mission militaire française, qu'une foule hétéroclite, souvent en guenilles, mal encadrée, peu ou pas payée.
(a suivre)

Une petite precision sur la monnaie en cours lors du débarquement Yankee de Novembre 1942. Les autorités américaines eurent a faire face à un probleme : quelle monnaie utiliser ? celle de Vichy avec francisque et portrait de Pétain, alors en cours ? des dollars, avec risques d'évasions vers l'Allemagne Nazie ??
Eh bien, sans rien dire ni prevenir personne, ce fut leurs propres billets, imprimés aux States, libellés en Francs, qui furent mis en circulation et ce, à la grande fureur du Gral de Gaulle.
Cette monnaie fut donc utilisé au Maroc pendant assez longtemps. Tres fragiles, les "pieces" de monnaie en carton, Rouge pour les 50 centimes, Vert pour les 1 franc et Marron pour les 2 francs, se déteriorent tres vite.

La Banque d'Etat du Maroc, contrainte et forcée, accepta, dans les transactions, cette fausse monnaie "légale". Plus tard, le dollar américain fut lui aussi utilisé au Maroc, mais peu de temps.
Paradoxe de cette époque, on pouvait donc faire ses achats, soit avec des billets de Vichy, soit avec des dollars, soit avec de la monnaie style "Monopoly".

En 1912, on pouvait voir encore sur Place de France, installée à l'emplacement du grand souk de Casablanca, des rails de chemins de fer à écartement de 50 centimètres, lignes construites par le génie militaire français pour un besoin de ravitaillement des troupes occupant la Chaouia, se dirigeant par la vallée de l’oued Bousekoura sur Berrechid.

1909 voit la capture du Rogui qui, transporté dans une cage de fer, est mis à mort à Fez, dans des conditions particulièrement barbares. Tous les consuls protestent... L'anarchie est toujours là et... les Européens aussi. Le sultan est pris dans une spirale infernale : il lui faut de l'argent pour payer et réorganiser son armée, mais les Etats européens se font tirer l'oreille (la France entre autres) pour lui consentir des prêts. Alors il lève de nouveaux impôts, y compris dans les tribus « guich » (3) qui, jusque-là, en étaient dispensées.
Début 1911, les tribus, en particulier les Arabes guich des Cherarda, au nord-ouest de Fez, qui sont littéralement pillées par le ministre de la Guerre de l'époque, le Glaoui, comi mencent à s'énerver: elles refusent l'impôt et entrent en rébellion ouverte.
Une harka est envoyée pour les mater. Les Cherarda réussissent à entraîner dans leur rébellion d'autres tribus berbères des environs de Fez : Saïs, Aït Youssi Béni M'Tir, Guerouane, etc... C'est la guerre civile au Maroc. Fin mars, on parle d'évacuer les Européens de Fez, mais il est déjà trop tard, la piste de Tanger n'est plus sûre. La situation devient grave et le gouvernement français commence à s'en préoccuper. M. Cruppi, président du Conseil, informe les puissances européennes de la situation et de son intention d'intervenir au Maroc. Il ne rencontre pas beaucoup d'échos favorables et n'insiste pas, ne voulant pas donner à l'intervention - comme pour l'opération chinoise - un caractère international, considérant sans doute le Maroc comme devant lui revenir (!).

À Fez, la situation s'aggrave, les troupes n'ont presque plus de munitions et les assauts des tribus deviennent de plus en plus mordants. Le consul de France à Fez, M. Gaillard, fait savoir que si le sultan est vaincu par les tribus, la vie de tous les Européens ne serait plus garantie car le mouvement berbère est essentiellement xénophobe. Le sultan, d'ailleurs, craignant pour sa vie, demande l'intervention de la France.

Le 17 avril, le gouvernement français, prenant acte de cet appel au secours, se décide à faire envoyer du ravitaillement et des munitions à partir de Casablanca, par une colonne volante mixte, c'est-à-dire soldats français et troupes marocaines prélevées en Chaouïa... Le tout constituant une « colonne légère ».
A suivre

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