Le port de Casablanca
C'est grâce au développement de son port, voulu par Lyautey pour stimuler l'économie et les flux coloniaux, que Casablanca a troqué le statut de bourgade attaché à l'ancienne Anfa (la ville ne comptait qu'une vingtaine de milliers d'habitants à la veille du protectorat) pour celui de grande métropole (plus de 5,6 millions dans le grand Casablanca d'aujourd'hui).
Interconnecté au réseau ferré, comptant plusieurs bassins spécialisés, cumulant différentes fonctions (pêche, commerce, trafic minéralier; plaisance...), le port de Casablanca est l'un des plus importants d'Afrique.


































Félix Mesavich, reporter-photographe, débarquant en 1907 à Casablanca, via l'Algérie, en pleine bataille de la Chaouia, témoigne dan son livre "Tours de manivelle" : "Quand nous arrivons, la ville fume sous le bombardement. Un détachement nous conduit au consulat de France où nous nous sommes retranchés. Il tourne quelques passages de troupes dans les rues dévastées et jonchées de cadavres d'où monte odeur pestilentielle et des nuages de mouches. Je filme ensuite des scènes de bivouac avec des tirailleurs algériens et la légion étrangère et même quelques échauffourées des belligérants…" C'est probablement le 1° reportage de guerre tourné au Maroc. Il filmera l'arrivée à Casablanca de Louis Regnault, ministre de France à Tanger, reçu par le général Drude, en compagnie de My Lamine, et s'apprêtant tous à monter dans un ballon militaire, à 300 m d'altitude, pour superviser les alentours du champ de bataille. Selon lui, 5 salles de cinéma existaient à Casablanca, en 1915.
Rédigé par: Bataille de la Chaouia | le 24 avril 2007 à 19:24
Félix Mesguich (journaliste-cinéaste-reporter) est Algérois, il avait été dépéché par Mr Eugène Etienne Président du Comité du Maroc et sénateur d'Algérie et leader du parti colonial au Parlement Français.
C'est un des architectes et "scénaristes" du bombardement de la ville de Casablanca et du débarquement des troupes, il avait donc besoin d'un Caméramen!
- Les salles de cinémas avaient pour noms:
- Alhambra (Grand Café)
- Eden Cinéma.
- Grand Cinéma.
- Roi de la Bière (Place de France)
- Royal Cinéma Pathé (salle Eldorado)
Rédigé par: Naguib Abdellah | le 24 avril 2007 à 20:42
Né au Maroc,je souhaiterai connaitre l'historique du petit chemin de fer sur voie de 60 qu'a fait construire LYAUTEY à son arrivée :dates ,itineraires,que transportait il ?
Merci.
Rédigé par: GARCIA Joseph Claude | le 22 mai 2007 à 19:16
Bonsoir Joseph,
Non ce n'est pas Lyautey qui a fait construire ce type de voie, elles existaient bien avant que Lyautey ne fut nomme Résident Général.
D'abord leur nom : c'etaient des voies DECAUVILLE, plus faciles à installer et à motoriser qu'un réseau ferroviaire normal.
L'usage : Transport de Marchandises, de Passagers et de materiaux.
Sur les anciens plans de Casablanca, on peut en voir deux : une qui partait de la Darse (il n'y avait pas encore de Port) et suivait l'oued Bouskoura, du Nord au sud. Cette voie alla jusqu'a Mediouna puis Berrechid. et une autre, du port jusqu'aux carrieres de Sidi-Abderhamane d'où on extrayait les rochers pour la construction du futur Port.
C'est cette voie qui fut attaquée en 1907 par les habitants de la Chaouia, ce qui déclencha le bombardement de Casa par le cuirassé "Gloire", puis le débarquement des marins et soldats Français, preludes et alibi au Protectorat de 1912. Mais ça, c'est une autre histoire ....
Rédigé par: sylvain | le 22 mai 2007 à 23:07
Grace a mon ami Abdellah, j'ai appris que le premier cuirassé qui tira sur Casablanca fut le Galilée. Le Gloire, a bien lui aussi bombardé Casablanca, mais un peu plus tard plus tard.
Merci pour tes precisions, cette partie de l'Histoire de Casablanca étant assez trouble quoique dramatique.
Rédigé par: sylvain | le 23 mai 2007 à 21:03
je veux savoir l'historique complete de port et son role au casa blanca
Rédigé par: soumia | le 18 décembre 2007 à 12:03
je veux savoir l'historique complete de port et son role au casa blanca
Rédigé par: soumia | le 18 décembre 2007 à 12:04
En réponse à Soumia,
Le port d'Anfa, était le seul débouché pour l'exportation du blé ( appelé Anafil par les Portugais) et de la laine (Morinos par les Espagnols=Mérinides) des Chaouia ancienne Tamesna.
Au coté de Chellah, capitale Administrative, Anfa joua pleinement le role de capitale économique, depuis...les Berghouata à ce jours. Le port de Casablanca-Dar El Beyda à été réactiver par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah en 1870,qui avait changer les noms de Mazagan en El Jadida, Mogador en Souira et Anfa en Dar El Beyda,( Pour faire du remplissage, les européens continus de croire que ce sont les Portugais qui appelèrent la ville CASABRANCA, les + subtils, n'ont rien trouver de mieux que de nous donner la traduction espagnole CASABLANCA) c'est leur droit le plus absolu.
Faut-il rappeler que Dom Fernando, le propre frère du Roi du Portugal avait bombardé en 1468-1469 la ville d'Anfa pour mettre fin aux incurtions des corsaires Casablancais à l'embouchure du Tage et libérer les prisonniers.
Sous Moulay Hassan 1er, le port développa ses échanges avec les puissances européennes, qui s'empressèrent ( Sous couvert de la Confèrence de Madrid en 1880) de multiplier leurs interventions en distribuant, à tour de bras leur "protéction" à quelques égarés.
Après la Conférence d'Algésiras tenue en 1906, le port va connaitre une intervention armée des troupes Franco-Espagnoles en aout 1907, pour prendre le controle du...Port.
Je vous recommande de lire le livre du Professeur Abdelaziz Benabdellah Membre de l'Académie du Royaume du Maroc: " CASABLANCA CAPITALE ECONOMIQUE DU MAROC DEPUIS 1000 ANS" -Anfa à travers les ages-
Rédigé par: Naguib Abdellah | le 18 décembre 2007 à 19:49
Autant pour moi: Persuadé que la réctification coulait de source "réactvé en 1780" au lieu de 1870.
Rédigé par: Naguib Abdellah | le 19 décembre 2007 à 03:12
Un autre croiseur qui tira sur Casablanca, toujours oublié, est le Forbin. Dans la revue " A Travers le Monde ", on pouvait lire à propos de cette omission ce qui suit: « Dans son récit des événements de Casablanca en Aout 1907, M . le capitaine Grasset a omis de citer la participation du croiseur Forbin au bombardement de Casablanca et à la prise de cette ville. Cette omission toute involontaire, et comme d’ailleurs à presque tous ceux qui ont relaté ces événements, ne pouvait laisser indifférents les officiers de ces navires. L’un d’eux nous a donc prié de rétablir les faits. Nous le faisons d’autant plus volontiers que l’énergique action du Forbin est tout à l’honneur de son commandant, de ses officiers et de son équipage.
Le 5 Aout, vers 5h.30 du matin, le Forbin faisait route des Acores sur le Maroc ou l’avait envoyé précipitamment un câblogramme du Ministre de la Marine à la suite de l’attentat commis à Casablanca contre le personnel des travaux du port. Il se trouvait à 160 milles environ de Tanger, quand la télégraphie sans fil enregistra un télégramme du Galilée au Du Chyla annonçant le débarquement dramatique de l’enseigne Ballande de Casablanca. Cette grave nouvelle mit tout le bord en émoi ; le commandant se hâta d’annoncer son approche au Galilée et de lui offrir ses services au cas où il le jugerait convenable. Le Galilée accepta avec empressement et le Forbin se dirigea aussitôt sur Casablanca ; les feux furent activés et la vitesse poussée jusqu'à ses extrêmes limites…………… ».
Rédigé par: Tahir Jillali | le 31 décembre 2007 à 19:36
Un autre croiseur qui tira sur Casablanca, toujours oublié, est le Forbin. Dans la revue " A Travers le Monde ", on pouvait lire à propos de cette omission ce qui suit: « Dans son récit des événements de Casablanca en Aout 1907, M . le capitaine Grasset a omis de citer la participation du croiseur Forbin au bombardement de Casablanca et à la prise de cette ville. Cette omission toute involontaire, et comme d’ailleurs à presque tous ceux qui ont relaté ces événements, ne pouvait laisser indifférents les officiers de ces navires. L’un d’eux nous a donc prié de rétablir les faits. Nous le faisons d’autant plus volontiers que l’énergique action du Forbin est tout à l’honneur de son commandant, de ses officiers et de son équipage.
Le 5 Aout, vers 5h.30 du matin, le Forbin faisait route des Acores sur le Maroc ou l’avait envoyé précipitamment un câblogramme du Ministre de la Marine à la suite de l’attentat commis à Casablanca contre le personnel des travaux du port. Il se trouvait à 160 milles environ de Tanger, quand la télégraphie sans fil enregistra un télégramme du Galilée au Du Chyla annonçant le débarquement dramatique de l’enseigne Ballande de Casablanca. Cette grave nouvelle mit tout le bord en émoi ; le commandant se hâta d’annoncer son approche au Galilée et de lui offrir ses services au cas où il le jugerait convenable. Le Galilée accepta avec empressement et le Forbin se dirigea aussitôt sur Casablanca ; les feux furent activés et la vitesse poussée jusqu'à ses extrêmes limites…………… ».
Rédigé par: Tahir Jillali | le 31 décembre 2007 à 19:38
Merci Mr Tahir Jilalli, vous faites là, oeuvre de "Droit de Mémoire" sur les douloureux évènements d'Aout 1907.
Dans un récent entretien, a l'occasion du " Centenaire du bombardement de Casablanca" accordé au journal l'Opinion Week-End, le Professeur Allal Lakhdimi, connu pour ses travaux sur la colonisation de la Chaouia et le mouvement de la résistance, déclare à propos de l'importance du bombardement de Casablanca ?
" Le bombardement de Casablanca en 1907 est un fait important parce que fondateur pour l'histoire moderne de la ville et du Maroc. C'est dans un contexte bien precis que se sont produits ces événements. Ce contexte n'était pas entièrement connu sur le moment. Les événements étaient imbriqués dans un processus colonial lent et donc, officiellement, il fallait voiler la trame avec un halo, ce qui entraine de la confusion. Cette confusion est demeurée bien longtemps".
Voila qui nous change un peu, des sempiternelles "oeuvres" de fin d'année, illustrées de cartes postales aux couleurs coloniales, relatives à "l'Histoire" de la ville de Casablanca.
Rédigé par: Naguib Abdellah | le 31 décembre 2007 à 22:50
Merci Mr Najib Abdellah
1°) Oui, j’ai lu le numéro spécial du journal l’opinion et également les écrits de Mr Khadimi . J’ai remarqué que Mr Khadimi critique les écrits coloniaux mais cela ne l’empêche pas de les reproduire intégralement à son compte en langue arabe. Mr Khadimi a fait un bon travail sauf qu’il a appelé le soulèvement des chefs tribaux par « Intifada » pour nous rapprocher un peu de Mahmoud Abbass qui semble épouser l’avis de l’aristocrate Hicham Maaroufi. Mais ou est passé le peuple Lamaarif de Casablanca qui fut indemnisé avant la théorie George Boch ?! Le terme seduisant "Intifada" est maintenant démodé . Mr Khadimi, que j'apprecie fort parcequ'il a bien bossé sur le sujet, est appelé à inventer un autre qui vient de chez nous!!
2°) Je pense qu’en parlant de la fuite des Ouled Hriz devant l’envahisseur, Mr Khadimi a commis inconsciemment une erreur ou qu’il a fait un jugement de valeur mal placé. Un chercheur objectif ne doit pas aborder l’histoire en méconnaissance des données géographiques et des structures socio économique du territoire envahi. On est en présence d’une société pastorale et semi sédentaire mouvante. la plaine, champs de bataille, n’est pas la foret de Mdakra ou la colline de Mzamza. On doit savoir qu’il y’a le Sahel ouled Hriz et le tiress ouled Hriz et que les riches des ouled hriz avaient eux aussi les yeux sur les recettes portuaires comme souligne Brahim Harakat ? Un certain Ouarrak qui fut cité parmi les chefs de l’Intifada avait laissé 99 maisons à Mdina kdima et il est le grand père de l’ex gouverneur Ourrak. Un autre chef s'appelle Bouchaib Ben Hssine est le fils du Cheikh de Talaouet. Des milliers hectares de terres sont encore entre les mains de la famille à tiress et au Sahel ouled Hriz.
3°) Mr Khadimi cite dans ces références la personne de Jamal Eddine Khalifa ben Haj Aissa. Pour mémoire, Haj Aissa le père de si Khlifa est mort dans le combat de Tadart à la porte de Casablanca. Haj Aissa possédait des centaines hectares au Sahel et des centaines d’hectares au tirs. Le père de Haj Aissa s’appelle Houcine Ben Houcine , venu de Zayane. Ainsi donc, les ouled Hriz sont une mosaïque de peuple venus de tous les horizons. Reste à dire que les autres fils de Houssine avaient eux aussi droit sur les terres de Haj Aissa mais cela est un autre problème: Le Jihad est une chose et l’équité en est une autre.
4°) Je termine ce qui a été dit dans « A travers le monde » : « Le forbin se pointait dans le secteur ouest de la ville et, croisant ses feux avec ceux de Gallilé , couvrait de fer les faubourgs de la ville ou s’embusquaient les cavaliers ennemis. Au bout de 36 heures d’alertes et de veilles continuelles, les soutes s’étaient vidés de plus de 600 coups de canons de 14 centimètres et 47 millimètres ».
5°) Pour changer un peu l’ambiance, je suggère de jeter un coup d’œil sur le site de Settatbladi. Parmi les chansons populaires du site, il y’a trois chansons abordant des sujets historique par si Abdelkbir El Bahlouli. L’une s’appelle « Achoujaane » qui parle des fidayins de Casablanca. La seconde s’appelle « «’Ame Arrabiine » et parle du débarquement des chaouia pour la guerre mondiale. La troisième s’appelle « Assoukar » qui parle de la cherté de la vie.
Rédigé par: Tahir J | le 17 janvier 2008 à 22:57
Le patrimoine misical des Chaouia et du Hawz.
Le chant Haouzi : Ne dit ont pas en parler Beydaoui que « la satire (chant et mélopée), ne convient qu’aux gens du Haouz !
Le chant Haouzi est un moyen d’expression naturel, présent dans toutes les cultures populaires du Haouz. Et la plupart des morceaux, même les plus complexes, ne sont pas le résultat d’une composition intellectuelle mais d’une expression spontanée. A l’instar des airs de cour de Charles Quint, comme dirait Jordi Savall, chef d’orchestre espagnol, lorsqu’il évoque le Flamenco et autre chant de l'Espagne médiévale !
Le Haouzi est un patrimoine immense, puisqu’il aurait pris naissance lors des affrontements en Andalousie en pleine campagne d’inquisition, justement pour faire l’éloge des actes de bravoure des gens du Haouz.
C’est à partir de cette époque, que le violon a été introduit dans le Haouz, les gens de la Chaouia utilisèrent tout au début l'Alto, dont l'étendue et la puissance du son,ont été harmonieusement exploités par les chioukhs.
Les artistes ce produisent en groupe constitué d’un violoniste, d’un guenbri à trois cordes et ou d’un luth en plus des chanteuses – danseuses, qui jouent de la taarija, du bendir et des castagnettes en cuivre, pour cadencer le tempo.
Le répertoire classique du chant Haouzi repose sur l’évocation de chevaliers qui ce sont rendus célèbres par des faits d’armes, de bravoures et d’actes qui font la fierté de leurs coreligionnaires et susciter l’admiration des tribus.
Ce sont les faits d’armes des gens de la Chaouia, qui se sont tout particulièrement distingués lors de la bataille des Trois rois à Oued El Makhazine(le 4 aout 1578), ce sont aussi les fils d’Anfa (Wlidat’Chaouia) qui engagèrent le combat aux cotés des Mérinides, lors de la bataille de Rio Salado (Espagne) en 1340, qui sont à l'origine de ce type de chant, communément connu de Hawzi, Marçawi etc.
Les cousins germains de ce chant Haouzi, sont incontestablement le Fado portugais et le flamenco espagnol, en raison des liens historiques qui ce sont tissés à travers les siècles entre les villes PORTUAIRES marocaines de l’Atlantique (Azemmour, Mazagan, Safi, An fa – Casablanca…) et les ports de la péninsule ibérique !
Les Chikhates, à l’instar des danseuses ibériques, exécutent des mouvements ondulatoires des membres et frappent du pied pour marquer le passage d’un genre à un autre C’est ce qu’on appelle : Eddakhla, Ettaearida, Elberza, Erreqza, Ettahiyira, Ettetlita etc.
Rédigé par: | le 19 janvier 2008 à 01:14
Bonjour Si Tahir,
C'est pour changer de "registre" que j'ai pianoter les lignes ci-dessus.
Rédigé par: Naguib Abdellah | le 19 janvier 2008 à 01:22
j constate que je ne suis pas seul à perdre du temps sru ton billet :)
Rédigé par: MrBark | le 26 février 2008 à 10:44